Pour Francis…

Nietzsche « le paumé » avait résumé en une courte sentence le fonctionnement de votre collectif Guerre de Classe en 1889… Stupéfiant non ?

=> « Comment ? Tu cherches à te multiplier par dix, par cent ? Tu cherches des disciples ? Cherche alors des zéros ! » (Nietzsche, Crépuscule des Idoles)

Bonus : voici un texte de Maximilien Rubel (encore un « paumé » qui s’est perdu dans des lectures de surface) d’Octobre 1947 :

« L’éthique marxienne se caractérise négativement par son amoralisme, et positivement par sa démarche essentiellement pragmatique. Elle rejoint, à travers Feuerbach, la pensée éthique du plus grand amoraliste qui fût : Spinoza. Comme L’Éthique de ce dernier, elle est un message d’existence et non de spéculation. Comme Spinoza, Marx fait entrer l’homme dans le règne éternel de l’infinie nature et lui assigne pour idéal de perfection la réalisation de sa totalité humaine – mais là s’arrête l’analogie, dont la poursuite aboutirait au paradoxe. On peut cependant reporter sur Marx l’étonnant aveu que Nietzsche fit un jour, lorsqu’il se découvrit disciple de Spinoza : « Je suis tout à fait surpris, tout à fait ravi ! J’ai un prédécesseur – et de quelle envergure ! – Je ne connaissais pas Spinoza, ou presque : l’avoir recherché maintenant, c’était un acte de l’instinct. Non seulement sa tendance générale est identique à la mienne – faire de la connaissance la passion la plus puissante ; je me retrouve dans cinq points essentiels de sa doctrine, ce penseur le plus extraordinaire et le plus solitaire me rejoint principalement en ceci : il nie la liberté de la volonté ; la finalité ; l’ordonnance morale de l’univers ; le non-égoïsme ; le mal. Sans doute, les différences sont énormes, mais elles sont dues surtout à l’époque, à la culture et à la science différentes. » (Nietzsche à Overbeck, 30 juillet 1881)