Misère de Misère de la philosophie…

22/02/2020

« Ma devise préférée : il faut douter de tout. » (Marx, Confession, brochure des éditions Spartacus, 1969)

« Pour le triomphe final des principes établis dans le Manifeste communiste, Marx misait uniquement et exclusivement sur le développement intellectuel de la classe ouvrière, tel qu’il devrait résulter nécessairement de l’action solidaire et de la discussion. » (F. Engels : Avant-propos à la quatrième édition du Manifeste Communiste, 1er mai 1890)

« Ils sont atteints de crétinisme parlementaire au point de se figurer qu’ils sont au-dessus de toute critique et de condamner la critique comme un crime de lèse-majesté ! » (Marx, à propos des chefs du parti social-démocrate allemand)

« Si Nietzsche a publié Ecce homo, par crainte d’être un jour canonisé par des disciples qu’il ne souhaitait point, pareille précaution ne s’imposait pas dans le cas de Marx, bien que celui n’ait pu rédiger et publier qu’un fragment de l’œuvre projetée. » (Maximilien Rubel, Marx critique du marxisme, p.23)

« Son esprit s’échappa vers le labyrinthe de la double-pensée. Connaître et ne pas connaître. En pleine conscience et avec une absolue bonne foi, émettre des mensonges soigneusement agencés. Retenir simultanément deux opinions qui s’annulent alors qu’on les sait contradictoires et croire à toutes deux. Employer la logique contre la logique. Répudier la morale alors qu’on se réclame d’elle. Croire en même temps que la démocratie est impossible et que le Parti est gardien de la démocratie. Oublier tout ce qu’il est nécessaire d’oublier, puis le rappeler à sa mémoire quand on en a besoin, pour l’oublier plus rapidement encore. Surtout, appliquer le même processus au processus lui-même. Là était l’ultime subtilité.» (Orwell, 1984)

Mon cher Francis,

C’est avec tristesse supplémentaire que je prends connaissance aujourd’hui de votre divulgation d’une partie (une petite partie) de notre correspondance privée (ce qui au passage n’est pas très courtois ou légal et si j’étais procédurier je pourrais vous attaquer pour cela, mais passons, tout cela manque cruellement d’élégance et de distinction…) suite aux deux textes que mes camarades Thomas et Adrien ont écrit en réponse à vos pitoyables insultes en vidéo, pitoyables insultes proférées à notre encontre suite au refus que je vous ai adressé concernant votre volonté d’émission/entretien (les insultes ont leur limite et nous avons notre honneur à défendre). Vous avez été objectivement insultant dans vos dernières vidéos, votre phrasé cache des attaques ad hominem savamment distillées, le ton est assez condescendant et méprisant, mais je commence à avoir l’habitude, et puisque vous avez décidé de dévoiler une partie de notre correspondance privée (seul refuge que vous avez trouvé aux objections de fond produites par mes camarades), je vais reprendre ici en partie le contenu d’un long mail que je vous avais adressé et auquel vous n’avez jamais répondu, vous « l’homme de dialogue » qui s’était défini comme « marxien » lors d’un lointain entretien pour l’Agence Info Libre (une appellation que vous aviez ensuite dénoncée comme « universitaire » lorsque nous avions fait connaissance, le début d’une longue série de contradictions…)

Voilà où vous en êtes arrivé Francis Cousin à la suite d’une longue régression et en ce début d’année 2020 : vous faites désormais des vidéos pour insulter ceux qui ont eu de la considération sérieuse, respectueuse et bienveillante pour votre travail, vous faites des pseudo-entretiens pour insulter ceux qui vous ont sérieusement lu en vous planquant derrière l’accusation usée jusqu’à la corde de « subjectivisme » ou de « renoncement », vous faites des pseudo-entretiens pour insulter ceux qui vous ont pris au sérieux mais qui ont eu le malheur de critiquer la clôture mentale et conceptuelle qui est la vôtre. Je ne sais pas si c’est de l’aigreur, de la sénilité, de la folie, de la vieillesse, etc., en tout cas cela est bien triste et mes alertes seront restées vaines. Quand je vois le niveau de bassesse de vos derniers entretiens, je réalise que j’ai eu raison de vous adresser un refus de participer à cette émission. J’imagine par ailleurs que la sortie de l’entretien avec Jacques Camatte (un Jacques Camatte que vous avez allègrement « pompé ») n’est pas complètement étrangère à cette attaque injustifiée de votre part. Vous avez décidément un vrai problème avec l’altérité Francis Cousin et il y a une dimension totalitaire en vous que cette PME appelée « Guerre de Classe » vient finalement refléter…

Je ne reconnais plus le Francis Cousin des précédentes années (celui qui débattait respectueusement avec les Alain de Benoist, les Maxence Caron, les Emmanuel Ratier, etc.). J’ai en effet connu le Francis Cousin brillant auteur de La Critique de la société de l’indistinction qui faisait des entretiens de qualité avec des interlocuteurs/contradicteurs pertinents, de ce point de vue là, c’était effectivement beaucoup mieux avant et j’ai apprécié ce Francis là… Je repense en particulier également à l’entretien avec Charles Robin. Ce michéiste coupable de réformisme (pas bien !) a néanmoins réussi à proposer un entretien percutant, dans lequel vous aviez accueilli avec bienveillance, sans pour autant l’épargner de vos critiques les plus fortes, une pensée différente de la vôtre. Cet entretien dynamique reste l’un de vos meilleurs entretiens (avec les nôtres), tant la pensée y est dialectisée avec énergie. Cela contrastait profondément avec votre mauvaise et détestable tendance actuelle à vous débarrasser « d’un revers de main » de certaines références… 

Le pêché d’orgueil ne s’arrête pas aux portes de l’université Francis, ce n’est pas parce qu’on dénonce le crétinisme universitaire qu’on en est exempt, par ailleurs, ça n’est pas parce que je serais devenu « dépressif », « frustré » ou « renonçant » selon votre très contestable interprétation que je dis nécessairement des contre-vérités. Également, cela n’est pas parce qu’on est tout le temps joyeux ou épanoui qu’on dit des vérités, avec le temps vous avez développé systématiquement une espèce de psychologisme qui consiste à invalider la pertinence des thèses d’une personne en reconduisant tout à sa vie. Or, les allégations personnelles n’ont strictement rien à voir avec la qualité de l’argumentation, mais il est quand même désopilant de voir que ces analyses psychologiques de haut vol sont à caractère sélectif, et sont réservées semble-t-il aux seuls interlocuteurs qui auraient le malheur d’oser apporter de la contradiction à votre discours…

Vous êtes ainsi désormais tombé bien bas à en juger par votre vidéo d’insultes présentée dernièrement sur votre site et je réalise effectivement que j’ai peut-être eu tort de vous considérer trop rapidement comme un ami, malgré toute l’affection que vous avez pu éprouver pour moi (celui dont vous avez pu dire lors d’un joyeux apéritif que vous le considériez comme votre propre « fils spirituel ») et malgré toute l’affection que j’ai pu éprouver pour vous, malgré tous les bons moments passés à vos côtés et avec Laurence (une Laurence dont j’imagine qu’elle doit être profondément triste aujourd’hui de voir tout ça), malgré ce joyeux réveillon passé à vos côtés, etc. Non seulement vous vous révélez être devenu un petit homme aigri, apeuré, incapable de procéder autrement que par les insultes, non seulement vous vous êtes déshonoré de façon sale, mais surtout vous ne répondez à aucune des critiques de fond qui vous sont faites, bien planqué derrière la représentation spectaculaire du « youtubisme » que vous feignez de critiquer face à des interlocuteurs incapables de produire la moindre contradiction…

Plus je vois ce que vous êtes devenu et plus je pense à Goldstein (ce personnage central de 1984 d’Orwell) : l’opposition contrôlée représentée spectaculairement. Vous critiquez la représentation spectaculaire mais vous vous mettez en scène en permanence dans des videos youtube désormais soigneusement expurgées de tout contradicteur potentiel, il y a là un vrai paradoxe que vous n’interrogez jamais…

En effet, vous critiquez le narcissisme mais vous vous mettez en scène dans des videos youtube en permanence, vous critiquez le fétichisme de la marchandise mais vous êtes vous-même l’objet d’une fétichisation de la part des gens de Guerre de Classe, vous critiquez les diplômes mais vous en faites étalage sur votre site personnel, etc. Il y a de la double-pensée orwellienne et de la contradiction chez vous et chez Guerre de Classe Francis, vous avez vous aussi vos contradictions mais vous ne les entendez pas… A ce sujet d’ailleurs : vous pouvez dire que je suis un dépressif, que le Cercle Marx est un simple refuge compensatoire à une frustration historique, que nous sommes prisonniers d’un crétinisme universitaire rédhibitoire, que nous sommes un groupe de lecture superficielle et surfacière, que nous sommes un groupe de paumés dans l’errance subjectiviste et narcissique, etc., mais alors pourquoi Guerre de Classe s’entête t-il à venir voir les interventions d’une bande de nazes comme nous depuis 3 ans Francis ? Pourquoi venir voir un groupe de crétins universitaires dans l’errance subjectiviste et narcissique qui utilise les textes comme de simples refuges compensatoires ? Pourquoi venir voir la bande de paumés et de frustrés que nous sommes et qui, à vous lire, ne comprennent strictement rien aux textes qu’ils s’efforcent pourtant de clarifier ? Pourquoi Francis ? Pourquoi Guerre de Classe, aussi proche du « mouvement réel », s’entête t-il à venir à nos interventions depuis 3 ans si ces dernières sont de la merde surfacière de l’écume des choses pour paumés ? C’est quand même très étrange non ?

Force est de constater qu’en effet nous semblons intéresser Guerre de Classe, plus que Guerre de Classe ne nous intéresse (et la qualité de nos interventions a déjà été saluée par plusieurs membres ou ex-membres de Guerre de Classe, tout comme la qualité de nos entretiens avec vous…). Nous n’avons hélas que faire d’un groupe de gens, au demeurant parfois sympathiques (mais hélas pas pour tous, notamment Guillaume qui est profondément toxique et que vous avez curieusement décidé de garder après avoir arbitrairement viré Florian et Inès, il faut croire que vous n’aimez désormais vous entourer que d’imbéciles…), qui singent votre travail (le talent et la culture en moins)… Quant au reproche de lecture surfacière, nous attendons toujours de savoir ce qu’est une lecture radicale, une lecture selon les « bons critères » (là encore vous ne répondez pas…). A croire que ce reproche ne s’applique en fait, encore une fois, qu’à ceux qui ont la malchance de voir dans Marx autre chose que ce que votre longue lecture vous y a fait découvrir. Concernant l’argument de la médiocrité, nous ne prétendons pas posséder une quelconque boussole, mais vous avouerez qu’il est douloureux de voir des entretiens menés par des gens en attente de réponses de votre part qu’ils pourront ensuite scander à l’envie en les plaquant sur une réalité pratique que par là même ils se dispensent d’analyser radicalement. Il est donc assez drôle de nous reprocher de réciter toujours un même « cantique », général et « pré-construit », quand en fait Guerre de Classe tient toujours le même discours prévisible en une logique de singerie mimétique et d’absence d’interrogation critique…

N’ayant aucun argument vous persistez dans l’insulte et vous tentez de vous faire passer pour le véritable homme de dialogue, or nous savons vous et moi qu’il n’en est rien. Avec le temps j’ai réalisé que vous étiez aux antipodes du dialogue que vous prétendiez prôner et votre propos n’a jamais consisté qu’à asséner dogmatiquement des vérités que jamais vous n’avez été capable d’interroger. Et tout le problème est là… Car comment dialoguer avec quelqu’un qui conchie tout auteur qu’il ne juge pas radical ? Comment dialoguer avec un cerveau sec qui rejette aux poubelles de l’histoire quiconque n’a pas la déférence de boire ses paroles en silence ? J’ai fait deux entretiens avec vous Francis (où j’ai dialectiquement fait ce que j’ai pu), je vous ai fréquenté, j’ai réveillonné avec vous, j’ai appris à vous connaître, etc. L’incapacité honteuse à pouvoir débattre publiquement sur le terrain ouvert du contradictoire c’est votre propre incapacité Francis, pas la mienne ni celle de mes camarades, superbe inversion accusatoire… Encore une fois : vous parlez sans savoir, n’ayant jamais daigné faire le déplacement à Nantes pour assister à nos interventions (mais ayant eu toujours de bons échos concernant ces dernières puisque vos sbires se sont acharnés à fréquenter notre « club de paumés » durant ces dernières années). J’ai passé mon temps à tenter de vous proposer des contradicteurs de qualité, j’ai passé mon temps à tenter de décloisonner votre horizon borné, j’ai passé mon temps à vous alerter sur la toxicité des gens qui vous entouraient. Vous avez choisi la clôture et la surdité Francis, tout cela pour alimenter votre groupe d’auto-promotion mercantile et spectaculaire appelé Guerre de Classe, groupe que vous osez appeler hypocritement « Groupe d’intervention communiste »…

Vous m’aviez reproché de ne pas avoir lu les textes que vous avez pu produire sur les gilets jaunes (ce qui est faux et nous avions justement reproché à vos interlocuteurs privilégiés de Guerre de Classe de n’avoir rien su faire de votre texte…), mais vous, cher Francis, avez-vous lu les livres que je vous ai offerts, notamment celui sur le rapport de Kant à Hegel ? J’ai souvenir que vous vous étiez empressé lors d’une conversation de table de vous débarrasser de ce livre (que je vous avais pourtant offert avec plaisir) et qui tendait à montrer que quelque chose chez Kant résistait à la critique qu’en faisait Hegel, vous aviez dit « De la merde » et vous n’en avez plus jamais reparlé. Avez-vous lu et creusé également ? Êtes vous capables de dire quoique ce soit de clair et de distinct concernant cet ouvrage ? Vous avez finalement une vision de Marx et de la lecture terriblement sclérosée : alors même que Marx passait son temps à lire des auteurs comme Goethe, Aristote, Shakespeare, Dante, etc., vous excommuniez hors du « mouvement réel » tout auteur qui ne rentrerait pas dans votre cadre subjectivement posé. Là encore, l’accusation de subjectivisme est une accusation à retourner contre vous-même.

Contrairement à ce que vous pensez (en le répétant sans cesse pour vous auto-persuader de la vérité de ce propos), je n’ai jamais renoncé à quoi que ce soit. Les textes sur les Gilets Jaunes ont été lus, travaillés et questionnés. Seulement, nous ne voyons pas l’intérêt de les répéter et de les commenter à l’infini, dans une démarche qui serait assez proche en définitive d’un travail universitaire. Pardonnez-nous d’avoir une pratique certainement plus proche des groupes communistes dont vous semblez, à juste titre, nostalgique (personne ne peut vous le reprocher, surtout pas moi), que Guerre de Classe et sa logique d’entreprise, de pôle de communication et pourquoi pas, bientôt, de comité d’entreprise. Permettez-moi également d’être assez circonspect sur la manière dont vous affirmez que nous aurions renoncé. Le questionnement étant le signe d’une pensée vivante, nous avons en effet oser interroger certains points de doctrines, quitte à les critiquer parfois. Il n’y a aucun renoncement a vouloir comprendre. Les textes de Marx soulèvent des problèmes et nous les discutons librement, là où vous avez plutôt tendance à voir des réponses toutes prêtes, nous voyons des problèmes, et c’est pour cela que nous ne pourrons jamais nous entendre Francis Cousin, parce que rien ne fait problème pour vous… Heidegger (cet auteur que vous conchiez mais que vous avez pourtant cité sur votre propre site personnel) affirmait que le drame de l’époque actuelle était le « nihilisme », l’absence de pensée. Ce « nihilisme » vous en êtes un avatar Francis Cousin, il y a une haine de la pensée et de la culture en vous et j’ai fini par le réaliser avec le temps…

Le travail de Julien et Thomas reprenait en partie la méthode de Marx dans Les luttes de classe en France, vous n’étiez pas présent à l’intervention concernant les gilets jaunes, votre jugement négatif sur cette intervention s’appuie seulement sur le rapport qu’ont pu vous faire les jeunes Valentin et Claire dans une logique de mouchardise et même de délation, c’est un petit peu dur quand même de porter un jugement objectif sur une intervention à laquelle on était absent, n’est-ce pas ? Vous dites en permanence qu’il « faut lire et qu’il faut creuser » et quand des types suivent ce précepte (car c’est exactement ce que nous faisons) vous les dégommez, c’est une contradiction manifeste que l’hypothèse orwellienne de la « double-pensée » nous permet peut-être de comprendre…

Il est quand même en effet très étrange que vous ayez pu poser un verdict si véhément et si tranché sur une intervention à laquelle vous n’avez pas assisté. Je tiens à préciser que Julien et Thomas ont produit un ouvrage de près de 250 pages. Si cet ouvrage mérite bien entendu des critiques et des reprises, on attendait mieux de gens qui « creusent » qu’un lapidaire procès en carence de radicalité. Reconnaissez qu’un tel jugement est bien loin de tout creusement. Ne venez pas ensuite critiquer notre agacement envers Guerre de Classe quand, pensant accueillir deux de vos membres dans un moment de camaraderie, nous avions en fait eu affaire à des mouchards faisant de la délation au service d’une nouvelle « Police de la pensée » de la radicalité, Police de la pensée dont vous êtes finalement le grand chef…

Ne venez également pas nous reprocher de n’avoir rien eu à dire : nos remarques et critiques, (pourtant toujours faites dans le respect et l’humilité) ont toujours été taxées d’élucubration anti-radicale, de délire universitaire par Guerre de Classe et vous-même, et celui qui a eu le malheur de poser de la contradiction est sophistiquement et automatiquement devenu à vos yeux une épave marchande aliénée. Après 3 ans de tentative de dialogue, le constat est sans appel : il n’y a pas de dialogue possible en dehors du cadre posé par Guerre de Classe. Le problème est qu’on ne peut pas à la fois prétendre, comme ne cesse de le faire Guerre de Classe, accepter la critique, pour ensuite la rejeter, non à l’aide de concepts clairs, mais par l’insulte et l’attaque, or c’est ce que vous n’avez pas cessé de faire dernièrement… De ce point de vue là vous avez été très décevant Francis, à tous les niveaux. Vous vous êtes déshonoré et vous avez tout sali.

Nous n’avons d’ailleurs pas « rien à dire », nous estimons seulement qu’il ne vaut pas la peine de soumettre des arguments patiemment travaillés à des gens qui vont, en s’appuyant sur un discours « pré-construit », les discréditer pour péché de non-conformisme au cantique cousinien ou cousiniste. Vos membres parlent par « slogans » Francis, précisément parce que le dogmatisme d’une nouvelle orthodoxie est devenu la substance même de ce totalitarisme collectiviste qui s’appelle Guerre de Classe

La vérité Francis est plus proche de votre propre subjectivité que vous ne le pensez : vous n’avez jamais digéré ma non-venue à votre congrès de « paumés ». Si vous saviez d’ailleurs que je n’allais pas venir au congrès de Guerre de Classe (comme vous l’avez prétendu après pour sauver les apparences), pourquoi ai-je alors été invité ? Il y a là un paradoxe intéressant non ? Organiser une réception une dimanche après-midi dans un endroit relativement « paumé » après l’envoi d’un mail (au formalisme impersonnel assez déroutant) précisant bien que je n’avais pas réservé à temps pour « déjeuner » est un peu refroidissant… Dans tous les cas, la seule raison de mon absence était purement matérielle et économique car j’avais bien l’intention de venir, Adrien n’était pas non plus disponible pour des raisons d’emploi du temps (lundi matin il faut bien aller travailler). Libre à vous de me croire ou non. Nous aurions avec plaisir assisté à ce congrès, mais force est de reconnaître que le lieu et l’horaire ne convenait pas aux prolétaires que nous sommes. Cela nous aurait mis en difficulté pour regagner le lendemain matin à 8 heures un travail qui, s’il est évidemment aliénant, ne nous est pas moins indispensable pour ne pas mourir de faim.

Il y aurait d’ailleurs un autre paradoxe à interroger : comment peut-on prétendre toucher les prolétaires en proposant un congrès dans un endroit reclus, qui plus est un dimanche après-midi, obligeant des travailleurs déjà exténués à prendre la route ? Cela ne peut que montrer de la part de Guerre de Classe une profonde méconnaissance de la réalité prolétarienne et de la valeur que peuvent avoir ces jours de repos (qui sont bien entendu une arnaque du capital pour récupérer sa force de travail, précision utile). Qui plus est, et sans vouloir paraître insistant, nous avons hésité à venir également car l’idée de faire de la route pour se faire traiter d’épaves marchandes universitaires sans avoir en plus la compensation de partager un repas ne constituait pas pour nous un programme des plus alléchants…

Il y a encore de la double-pensée orwellienne chez vous Francis, vous nous avez reproché la couverture du site (en faisant systématiquement référence à notre possession de diplômes, cela concernait une seule et toute petite phrase anodine dans la rubrique de présentation), je vous ai répété plusieurs fois que cette courte phrase concernant la possession de nos diplômes était une réponse à des attaques concernant notre légitimité. Et vous Francis, ne mettez-vous pas en avant votre possession d’un doctorat de philosophie sur votre site professionnel ? Nous souscrivons bien entendu à votre analyse sur le crétinisme universitaire. Mais dans le monde qui est le nôtre, la légitimité passe bien souvent par ce genre de bricoles superficielles. Nous le déplorons bien entendu, et sachez que nous n’accordons pas plus de crédit que vous à ces titres ronflants.

Le texte que vous m’aviez envoyé par mail ne trompe personne Francis, je connais bien ce texte, il laisse entendre que le Cercle Marx serait une secte et que Guerre de Classe viendrait incarner l’internationale, mais Francis : que Guerre de Classe soit sectaire et dans un « entre-soi » fermé à toute contradiction c’était déjà précisément le reproche que nous faisions à Guerre de Classe lorsque cet imbécile de Guillaume s’était ridiculisé à vouloir nous faire passer pour des croyants en l’existence des dragons ! Contrairement à ce que vous prétendez, vos derniers entretiens montrent que Guerre de Classe n’a pas évolué d’un iota, Guillaume et Charles sont de simples relais passifs de vos interventions à sens unique, ils sont incapables de rebondissements dialectiques. J’ai passé mon temps et mon énergie à vous proposer d’ouvrir votre horizon à des interlocuteurs de qualité mais je pense que c’est peine perdu, vous ne supportez pas la contradiction… Les membres de Guerre de Classe parlent comme vous Francis (la culture en moins), avec vos mots, vos intonations, la singerie mimétique est flagrante, rien n’a changé… Je ne vois absolument pas la différence entre ce mimétisme/cette indifférenciation et le fait que les employé de Samsung doivent « prier » une enseigne de leur entreprise tout en imitant leur chef… Les membres de Guerre de Classe sont ainsi incapables de distanciation critique avec tout ce que vous présentez (ce que la pratique n’a pas cessé de confirmer). L’incapacité à prendre le moindre recul par rapport à des thèses ou des concepts qui ne sont jamais dialectisés ou problématisés nous emmerde profondément Francis et vos réactions actuelles sont celles d’un gamin immature, je ne reconnais plus le brillant auteur de la Critique de la société de l’Indistinction, celui-là même que j’ai apprécié par le passé…

Guerre de Classe est en train de devenir exactement tout ce que vous prétendez combattre : un parti politique structuré sur la division sociale du travail, la hiérarchie d’entreprise, le vocabulaire d’entreprise, etc. Nous n’avons pas de « pôles relations extérieures » au Cercle Marx, tout ce formalisme impersonnel n’étant qu’un nouvel avatar du Capital. Guerre de Classe est devenue une PME, votre PME, la PME de la radicalité tandis que vous vous transformez de plus en plus en Goldstein et en même internet. Nous n’avons pas pour prétention de refonder l’internationale Francis, étant entendu que toute entreprise de fondation ou de refondation est absorbée par la falsification spectaculaire. Nous sommes simplement une bande d’amis profondément fâchés avec l’ordre social existant, nous nous sommes rencontrés notamment sous les lacrymogènes des manifestations gilets jaunes de Nantes, nous partageons une même passion et un même esprit critique par rapport à l’ordre social existant. La diversité d’horizons de cette bande de potes est en soi un argument contre toute accusation d’arrogance. Seulement, nous préférons à la structuration de l’entreprise une saine camaraderie, propice autant à la franche rigolade qu’aux discussions sérieuses. La mort est la négation de la vie et de la pensée, tout ce que Guerre de Classe incarne, le règne de la mort c’est désormais vous et votre organisation dogmatique Francis, pas nous. Au Cercle Marx on rigole, on prend de la distance critique et on déploie un rire franc et authentique, à Guerre de Classe on ne rit pas sinon on est excommunié « hors du mouvement réel »…

Contrairement à ce que vous laissez entendre, de façon malhonnête avec ces bouts de correspondance (mais je commence à avoir l’habitude avec vous), je ne me suis jamais dérobé à un nouvel entretien avec vous. En revanche, j’ai compris depuis un moment la toxicité structurelle de Guerre de Classe (et notamment de ceux dont vous avez décidé de vous entourer pour vous relayer de façon servile et docile) et je n’ai plus jamais souhaité retravailler avec eux (et pour cause, la servilité à une orthodoxie de pensée ça n’est pas ma tasse de thé…). J’ai aussi compris depuis un moment qu’il était devenu impossible de faire un entretien avec vous (nous avions pourtant essayé d’en faire un troisième avec Adrien et avec vous, mais vous semblez l’avoir oublié…), et cela dans la mesure où vous êtes devenu sourd. Vous faites les questions et les réponses Francis, dans des monologues qui sont la négation même de la dialectique. J’ai pensé pendant un moment que je pouvais continuer à entretenir une relation amicale avec vous sans cette médiation aliénante qu’était devenue Guerre de Classe, mais il faut réaliser que c’était impossible.

Cessez également de mentir Francis. Le but de ce dernier entretien de trois heures n’était certainement pas d’avoir un dialogue ouvert et fraternel, ce n’était qu’un prétexte pour vous défouler narcissiquement sur notre « club de lecture de paumés » à coup de référence « radicales ». Le décalage entre vos prétentions au dialogue et le ton des messages que vous exposez aux yeux de tous est significatif : vous vous mettez en colère face à la contradiction réelle, et vous boudez comme un gros bébé. Je vous connais très bien Francis, cette petite production textuelle ne trompera personne. Vous, le grand critique de la représentation spectaculaire, vous êtes désormais obligé, pour sauver la face, de nier la réalité authentiquement vécue afin de pouvoir continuer à alimenter cette nouvelle PME de représentation spectaculaire qui s’appelle Guerre de Classe et qui vous sert uniquement de site d’auto-promotion. Un vrai communiste ne se rabaisse pas à insulter ses camarades en humanité pour s’adonner à un spectacle narcissique de représentation youtubique, vous êtes vraiment devenu un homme moralement mauvais, je ne retrouve plus la bonté chaleureuse et la gentillesse que je décelais auparavant en vous…

Je dois vous le dire Francis, puisque vous aimez bien faire de l’analyse personnelle : vous avez objectivement changé depuis la mort de Vittorio, notre ami en commun parti hélas trop tôt. Savez-vous d’ailleurs quelles ont été ses dernières paroles  (lorsque nous nous sommes quittés avant sa tragique disparition) le 16 novembre dernier ? Vittorio me disait que Guerre de Classe était précisément devenu sectaire, là où le Cercle Marx était un authentique lieu de dialogue et de confrontation d’idées plurielles, ce que vous avez soigneusement omis de préciser dans l’hommage que vous lui avez rendu sur votre site (et si Vittorio venait à nos interventions cela n’était pas un hasard). Nous avions justement projet de nous revoir avec Vittorio pour travailler ensemble…

Vittorio travaillait de son côté à ce que nos relations s’améliorent Francis, mais vous avez souillé sa mémoire en nous insultant dernièrement comme un adolescent puéril dans votre dernier entretien de parlerie « youtubique » où vous débitez encore les mêmes poncifs usés jusqu’à la corde, bien planqué dans votre luxueuse maison de campagne et bien éloigné des réalités de terrain que vous feignez de connaître (je ne pense pas vous avoir vu à la moindre manifestation de Gilets Jaunes…). Francis, en nous manquant ainsi de respect par vos insultes lâches et basses, vous avez également souillé la mémoire de Vittorio qui fréquentait lui aussi ce « club de lecture de paumés » que vous méprisez. Selon votre logique, Vittorio était ainsi lui-même un « paumé » perdu dans des lectures de surface pour compenser sa frustration. Arrêtez vos délires, vous êtes devenu fou Francis…

Je pourrais faire comme vous et me rabaisser à dévoiler d’autres éléments de notre correspondance privée ou de la connaissance personnelle que j’ai de vous mais ce serait vain. En attendant : nous n’avons aucune leçon de « renoncement » ou de « subjectivisme » à recevoir de votre part, surtout quand on sait quelles sont vos conditions matérielles et sociales d’existence…

Quant à une confrontation publique (puisque vous avez systématiquement refusé que je repasse vous voir sur Marennes dernièrement) et que vous feignez de jouer la carte du « dialogue » (ce qui ne trompera que les esprits les plus superficiels de la parlerie youtubique), faites-nous donc l’honneur de venir ce samedi 29 février à Nantes, à la prochaine réunion de notre « club de paumés » (que tous vos sbires lobotomisés se sont acharnés à fréquenter pendant ces 3 dernières années) et nous verrons bien si le dialogue peut revenir entre nous (ce qui me paraît désormais structurellement impossible).

Je retourne à mon crétinisme universitaire de l’empirie surfacière de l’écume des choses en mon stade de dépression et de frustration avancée et je m’empresse d’aller trouver un texte « refuge » qui me permettra d’évacuer cette frustration historique pour pouvoir prolonger ce club de lecture de surface qui s’appelle « Cercle Marx » dans une logique d’anti-devenir et d’anti-compréhension de la dialectique de l’histoire profonde des luttes de classes radicales en l’automouvement de l’émancipation humaine contre la domination réalisée du Capital.

Nous vous avons apprécié intellectuellement et humainement, mais nous n’avons rien à faire avec votre collectif de « paumés », collectif qui vient incarner politiquement la clôture mentale qui vous définit, extériorisation de votre propre intériorité fermée et cloisonnée. Le Cercle Marx et les quelques personnes qui gravitent autour de manière informelle est infiniment plus riche de rires, de joie, de radicalité et d’émulation intellectuelle que tout ce que Guerre de Classe peut proposer. Nous accueillons quiconque est intéressé par la critique de l’ordre social existant, et ne prétendons pas discriminer quel texte est radical et quel texte ne l’est pas.

Ce tri ne nous paraît d’ailleurs pas important car, comme vous me l’aviez dit un jour d’avril 2018 à Semussac, « Les textes, on s’en branle, ce qui compte, c’est ce que vous avez dans le cœur ». De ce point de vue là, vous vous êtes révélé dernièrement à travers vos insultes lâches et basses en vidéo pour ce que vous êtes au plus profond de vous-même monsieur le philo-analyste : un être sans cœur.

Et finalement peut-être que tout est là Francis, le plus important est peut-être le cœur, le cœur qui vous manque et qui vous fait défaut…

En attendant, l’Histoire tranchera.

Adieu Francis

PS : Francis, arrêtez de vous auto-commenter sous votre propre article (comme sur youtube avec le pseudonyme « Florence Charrier ») avec divers pseudonymes parce que c’est vraiment très visible (et très risible) ! On vous a grillé depuis longtemps Francis ! Décidément, vous êtes incroyable…

Je m’auto-commente…
Tu t’auto-commentes…
Il s’auto-commente…
Nous nous auto-commentons…
Vous vous auto-commentez…
Ils s’auto-commentent…

« Votre poète préféré : Dante, Eschyle, Shakespeare, Goethe… Votre prosateur préféré : Diderot, Lessing, Hegel, Balzac… Votre devise préférée : Nihil humani a me alienum puto ! » (Marx, Confession, brochure des éditions Spartacus, 1969)