Les faux critiques de la valeur…

… de la Gauche du Capital et de Palim-Psao : ils reprennent les thèses et les textes de Marx pour les falsifier et les inverser complètement, c’est absolument fascinant…

Quelques exemples.

Sur Palim-Psao, c’est le judaïsme qui va émanciper l’humanité aliénée :

« Appendice : un texte de la tradition, à retourner contre l’instrumentalisation moderne de la tradition (…) Texte : Midrash Bereshit Rabba 38:16 (…) Mais tâchons d’entreprendre une psychanalyse jungienne de ces individus. Que fait Abraham, le père des juifs ? Il brise lui-même les idoles. Que font les esclaves juifs face aux égyptiens ? Ils refusent de se soumettre plus longtemps au pouvoir imposant l’adoration des pyramides, etc., ces masses inertes menaçantes qui représentent leur réification, et préféreront le désert libre et l’errance, vers la liberté. Percevant confusément ces données que son inconscient collectif contient, l’antisémite est face à un spectacle sublime qui lui en impose : le « père des juifs » est celui par qui la critique radicale de tout fétichisme advient, il est celui qui veut démystifier l’humain, le faire sortir de son rêve éveillé. (…) Pour l’antisémite, donc, le judaïsme, comme religion abrahamique, puis comme « religion de la finance », pense-t-il, est celui qui vient détruire son rêve d’une humanité qui est exploitée, mais qui donne un sens, une valeur à cette souffrance et à cette exploitation (la misère comme valeur en soi). Avec Abraham, puis avec le banquier, plus rien n’a de « sens » : celui qui s’est fatigué à construire la statuette, ou l’idole, ou le prolétaire qui s’est fatigué à produire une marchandise, un bien d’usage, l’auront fait en vain, puisqu’on ne peut plus idolâtrer ces productions, une fois qu’elles sont brisées, démystifiées, dévalorisées. Nous parlons donc bien pourtant ici d’un peuple d’esclaves qui vise l’émancipation, non pas seulement des esclaves, mais bien de tous les individus de la terre, esclaves des idoles inanimés qu’ils produisent et idolâtrent. (…) Les capitalismes islamistes (…) protestants (…) catholiques, et juifs, devraient considérer le geste révélateur face aux idoles du père fondateur des religions qu’ils prétendent « représenter ». Ils comprendraient qu’ils ont trahi ces religions à leur racine même et que ceux qui viendront détruire le monde qu’ils ont bâti seront les plus fidèles à cette racine, racine très politique, au sens fort d’un religare immanent, avant toute considération théologique. C’est lorsque Sarah, voulant abolir la parole patriarcale et fétichisée du patriarche Abraham, se montrant fidèle au geste anti-idolâtre du « père » autoritaire et contradictoire, sera reconnue en tant que telle, c’est lorsque Sarah voulant se libérer du « masculin » directeur, lutter contre lui, sera reconnue comme attentive et fidèle à cette « direction » clivée, que d’autres fédérations, plus porteuses encore peut-être, seront envisageables. » (Production de Palim-Psao)

Pour Marx, en revanche, c’est l’humanité qui doit s’émanciper du judaïsme comme aliénation :

« Quel est le culte profane du Juif ? Le trafic. Quel est son Dieu profane ? L’argent. Eh bien, en s’émancipant du trafic et de l’argent, par conséquent du judaïsme réel et pratique, l’époque actuelle s’émanciperait elle-même. Une organisation de la société qui supprimerait les conditions nécessaires du trafic, par suite la possibilité du trafic, rendrait le Juif impossible. La conscience religieuse du Juif s’évanouirait, telle une vapeur insipide, dans l’atmosphère véritable de la société. D’autre part, du moment qu’il reconnaît la vanité de son essence prati­que et s’efforce d’abolir cette essence, le Juif tend à sortir de ce qui fut jusque-là son développement, il travaille à l’émancipation humaine générale et se retourne contre la plus haute expression pratique de l’aliénation de l’homme. (…) Nous reconnaissons donc dans le judaïsme un élément antisocial général et actuel qui, par le développement historique auquel les Juifs ont, sous ce mauvais rapport, activement participé, a été poussé à son point culminant du temps présent, à une hauteur où il ne peut que se désagréger nécessairement. (…) Ceci n’est pas un fait isolé. Le Juif s’est émancipé d’une manière juive, non seulement en se rendant maître du marché financier, mais parce que, grâce à lui et par lui, l’argent est devenu une puissance mondiale, et l’esprit pratique juif l’esprit prati­que des peuples chrétiens. Les Juifs se sont émancipés dans la mesure même où les chrétiens sont devenus Juifs. Dans sa dernière signification, l’émancipation juive consiste à émanciper l’huma­nité du judaïsme. L’argent est le dieu jaloux d’Israël, devant qui nul autre dieu ne doit subsister. (…) La nationalité chimérique du Juif est la nationalité du commerçant, de l’homme d’argent. La loi sans base ni enracinement du Judaïsme n’est que la caricature religieuse de la moralité et du droit base ni enracinement, des rites purement formels dont s’en­tou­re le monde de l’égoïsme (…) C’est parce que l’essence véritable du Juif s’est réalisée, sécularisée d’une manière générale dans la société bourgeoise, que la société bourgeoise n’a pu convaincre le Juif de l’irréalité de son essence religieuse qui n’est précisément que la conception idéale du besoin pratique. Aussi ce n’est pas seulement dans le Pentateuque et dans le Talmud, mais dans la société actuelle que nous trouvons l’essence du Juif de nos jours, non pas une essence abstraite, mais une essence hautement empirique, non pas en tant que limitation sociale du Juif, mais en tant que limitation juive de la société. (…) Dès que la société parvient à supprimer l’essence empirique du judaïsme, le trafic de ses conditions, le Juif est devenu impossible,parce que sa conscience n’a plus d’objet, parce que la base subjective du judaïsme, le besoin pratique, s’est humanisée, parce que le conflit a été supprimé entre l’existence individuelle et sensible de l’homme et son essence générique. L’émancipation sociale du Juif, c’est l’émancipation de la société du judaïsme. » (Marx, Sur la Question Juive)

Sur Palim-Psao, on affirme que le capitalisme est structuré sur le patriarcat (il faudrait ainsi détruire ce dernier) :

« Pour définir le patriarcat, je pars du constat que les différences sociales entre les genres sont un produit de la culture et qu’elles ne reposent donc pas sur des faits biologiques (par exemple : la capacité d’engendrer des enfants) (…) « La valeur c’est le mâle », non pas l’homme en tant qu’être biologique, mais en tant que porteur historique de l’objectivation de la forme-valeur (…) Les problématiques actuelles de la société dans sa totalité sont, comme, nous l’avons montré, le produit d’une longue histoire patriarcale et chétienne-occidentale de la socialisation-valeur. Mais cette forme, devenue obsolète, ne peut être dépassée sans briser l’identité masculine. » (Roswitha Scholz, Le sexe du capitalisme, « Masculinité » et « Féminité » comme piliers du patriarcat producteur de marchandises)

Pour Marx et Engels, en revanche, le capitalisme a détruit le patriarcat depuis un moment :

« La bourgeoisie a joué dans l’histoire un rôle éminemment révolutionnaire.
Partout où elle a conquis le pouvoir, elle a foulé aux pieds les relations féodales, patriarcales et idylliques.
Tous les liens complexes et variés qui unissent l’homme féodal à ses « supérieurs naturels », elle les a brisés sans pitié pour ne laisser subsister d’autre lien, entre l’homme et l’homme, que le froid intérêt, les dures exigences du « paiement au comptant »
(Marx et Engels, Manifeste Communiste)

« Peut-on imaginer une situation plus absurde, plus insensée, que celle que décrit cette lettre ? Et cependant, cette situation qui ôte à l’homme son caractère viril et à la femme sa féminité sans être en mesure de donner à l’homme une réelle féminité et à la femme une réelle virilité, cette situation qui dégrade de la façon la plus scandaleuse les deux sexes et ce qu’il y a d’humain en eux, c’est la conséquence dernière de notre civilisation tant vantée, l’ultime résultat de tous les efforts accomplis par des centaines de générations pour améliorer leur vie et celle de leurs descendants ! Il nous faut ou bien désespérer tout à fait de l’huma­nité, de sa volonté et de sa marche en avant, en voyant les résultats de notre peine et de notre travail tournés ainsi en dérision; ou alors il nous faut admettre que la société humaine a fait fausse route jusqu’ici dans sa quête du bonheur; il nous faut reconnaître qu’un bouleverse­ment si complet de la situation sociale des deux sexes ne peut que provenir du fait que leurs rapports ont été faussés dès le début. Si la domination de la femme sur l’homme, que le système industriel a fatalement engendrée, est inhumaine, la domination de l’homme sur la femme telle qu’elle existait auparavant est nécessairement inhumaine aussi. (…) Nous voyons donc, que dans ce domaine aussi, le système de la pro­duction industrielle réussit à s’imposer par la gran­de exploitation, la suppression des rapports patriarcaux – dont l’importance est ici extrê­me – et la mise en service de machines, l’utilisation de l’énergie produite par la vapeur et le travail des femmes et des enfants, entraî­nant dans le mouvement révolutionnaire la dernière fraction de l’humanité laborieuse qui restait stable… » (Engels, La situation de la classe laborieuse en Angleterre)

Sur Palim-Psao, on délégitime la lutte des classes :

« La lutte des classes est terminée et le Manifeste communiste a du même coup perdu sa force. Son verbe électrisant s’est figé en document historique. Ce texte ne correspond plus à la réalité parce qu’il a rempli sa mission. » (Robert Kurz, février 1998)

Pour Marx, en revanche, la lutte des classes est absolument fondamentale :

« Maintenant, en ce qui me concerne, ce n’est pas à moi que revient le mérite d’avoir découvert l’existence des classes dans la société moderne, pas plus que la lutte qu’elles s’y livrent. Des historiens bourgeois avaient exposé bien avant moi l’évolution historique de cette lutte des classes et des économistes bourgeois en avaient décrit l’anatomie économique. Ce que j’ai apporté de nouveau, c’est :1) de démontrer que l’existence des classes n’est liée qu’à des phases historiques déterminées du développement de la production ; 2) que la lutte des classes mène nécessairement à la dictature du prolétariat ; 3) que cette dictature elle-­même ne représente qu’une transition vers l’abolition de toutes les classes et vers une société sans classes. » (Marx, Lettre à Weydemeyer, 5 mars 1852)

Et tout est comme ça en permanence avec eux, ils inversent et falsifient tout, c’est fascinant…