Entretien (2021)

21/09/2021

En juin 2021 nous avons rencontré l’historien catholique Michel Fauquier (auteur du livre « Une histoire de l’Europe : Aux sources de notre monde » aux éditions du Rocher : https://www.editionsdurocher.fr/livre/fiche/une-histoire-de-l-europe-9782268096360) pour un entretien consacré essentiellement à l’Histoire de l’Europe et au christianisme comme « fil conducteur » de cette Histoire européenne.

S’intéresser à Marx c’est inévitablement s’intéresser à l’Histoire de l’Europe et au christianisme, aussi nous a-t-il paru évident de réaliser un entretien allant dans ce sens. Nous avons tenté de faire une « synthèse » de toute l’Histoire de l’Europe, l’entretien s’est efforcé de parcourir et de « creuser » les différents « nœuds » ayant jalonné l’Histoire européenne depuis l’Antiquité grecque jusqu’à la Modernité contemporaine…

« L’histoire du Christianisme primitif offre des points de contact remarquables avec le mouvement ouvrier moderne. Comme celui-ci le christianisme était à l’origine le mouvement des opprimés, il apparaissait tout d’abord comme religion des esclaves et des affranchis, des pauvres et des hommes privés de droits, des peuples subjugués ou dispersés par Rome. Tous les deux, le christianisme de même que le socialisme ouvrier, prêchent une délivrance prochaine de la servitude et de la misère; le christianisme transporte cette délivrance dans l’au-delà, dans une vie après la mort, dans le ciel ; le socialisme la place dans ce monde, dans une transformation de la société. Tous les deux sont poursuivis, et traqués, leurs adhérents sont proscrits et soumis à des lois d’exception, les uns comme ennemis du genre humain, les autres comme ennemis du gouvernement, de la religion, de la famille, de l’ordre social. Et malgré toutes les persécutions, et même directement servies par elles, l’un et l’autre se frayent victorieusement, irrésistiblement leur chemin. »
(Engels, Contributions à l’histoire du Christianisme primitif)

https://www.marxists.org/francais/marx/94-chris.htm

« Marx certes était athée, « matérialiste », etc. Mais chez un philosophe aussi il convient de distinguer ce qu’il est et ce qu’il croit être. Ce qui compte, ce n’est d’ailleurs pas ce que Marx pensait et que nous ignorons, c’est ce que pensent les textes qu’il a écrits. Ce qui paraît en eux, de façon aussi évidente qu’exceptionnelle dans l’histoire de la philosophie, c’est une métaphysique de l’individu. Marx est l’un des premiers penseurs chrétiens de l’Occident. » (Michel Henry, Marx)