Aux "paumés" de Guerre de Classe

5/03/2020

« Ma devise préférée : il faut douter de tout. » (Marx, Confession, brochure des éditions Spartacus, 1969)

« A la suite de cette agitation, la Ligue [Jeune Allemagne] fut dissoute par le gouvernement qui en expulsa les principaux membres. Elle se transforma alors en club de lecture et de chant et put poursuivre sous cette forme une activité révolutionnaire clandestine. » (Auguste Cornu, Karl Marx et Friedrich Engels : leur vie et leur œuvre. Paris, Presses Universitaires de France, 1955, t. I, p. 30.)

« Et l’histoire de l’Internationale a été une lutte continuelle du Conseil général contre les sectes et les tentatives d’amateurs, qui tentèrent toujours de se maintenir contre le mouvement réel de la classe ouvrière au sein de l’Internationale elle-même. » (Marx à Bolte, 23 novembre 1871)

« La secte ne trouve pas sa raison d’être et son point d’honneur dans ce qu’elle a de commun avec le mouvement de classe, mais dans un signe particulier qui la distingue de ce mouvement… » (Marx à Schweitzer, 13 octobre 1868)

« (…) les sectes formées par leurs disciples sont toujours réactionnaires, car ils maintiennent les vieilles idées de leurs maîtres en face de l’évolution historique du prolétariat. » (Manifeste Communiste, 1848)

« Le remplacement d’une orthodoxie par une autre n’est pas nécessairement un progrès. Le véritable ennemi, c’est l’esprit réduit à l’état de gramophone, et cela reste vrai que l’on soit d’accord ou non avec le disque qui passe à un certain moment. » (Orwell, Écrits politiques)

« Mais l’ambition la plus haute du spectaculaire intégré, c’est encore que les agents secrets deviennent des révolutionnaires, et que les révolutionnaires deviennent des agents secrets. » (Debord, Commentaires sur la société du Spectacle)

« Une phrase de Friedrich Engels (F. Engels : Avant-propos à la quatrième édition du Manifeste Communiste, 1er mai 1890), qui condense toute l’éthique prolétarienne, doit servir de modèle à son action, à sa praxis spirituelle et éducative et inspirer l’éthique socialiste de la période de transition : « Pour le triomphe final des principes établis dans le Manifeste communiste, Marx misait uniquement et exclusivement sur le développement intellectuel de la classe ouvrière, tel qu’il devrait résulter nécessairement de l’action solidaire et de la discussion. » » (Maximilien Rubel, Marx critique du marxisme, p.145)

« Pour citer un dernier épisode, rappelons qu’en 1872 Marx fit exclure Bakounine de l’Internationale, convaincu que l’anarchiste voulait la transformer en une société de conspirateurs dont il aurait été le maître absolu. La société secrète bakounienienne visait à la « reconstitution de tous les éléments de l’État autoritaire sous le nom de communes révolutionnaires (…) l’organe exécutif est un état-major révolutionnaire formé par une minorité (…) l’unité de pensée et d’action ne signifie rien d’autre qu’orthodoxie et obéissance aveugle. Perinde ac cadaver. Nous sommes en pleine compagnie de Jésus. » (L’Alliance de la démocratie socialiste et l’A.I.T, 1873, cité par Maximilien Rubel, Marx critique du marxisme, p.179)

Tandis que Francis Cousin est incapable de répondre à quelques questions ou remarques simples pointant ses contradictions orwelliennes (https://cerclemarx.com/misere-de-misere-de-la-philosophie-a-guerre-de-classe-et-a-son-chef/, https://cerclemarx.com/a-guerre-de-classe-et-a-son-chef/), celles-là mêmes que nous lui avons adressées (le décalage schizophrénique entre l’impératif de lecture et la condamnation de la lecture, le décalage entre les centaines d’heures de présence sur youtube et les dizaines d’heures requises mais jamais utilisées pour expliquer par exemple la complexité de la baisse tendancielle du taux de profit, les critères d’une « vraie et bonne lecture », la mise en scène spectaculaire permanente pour un critique du Spectacle, etc.), tandis qu’il a voulu « noyer le poisson » en faisant semblant de vouloir avoir un débat libre et ouvert sur l’immortalité du Capital après avoir divulgué quelques mails privés (des mails qui n’engageaient en rien le Cercle Marx) sur son site internet (dissimulant ainsi toutes les remarques ou questions d’importance auxquelles il n’a JAMAIS répondu depuis qu’on le connaît), tandis qu’il s’est enfoncé lamentablement en s’auto-commentant avec de faux pseudonymes sur son propre site internet (Francis n’aime parler qu’à lui-même, ce qu’il fait admirablement bien sur youtube avec le pseudonyme « Florence Charrier »), etc., c’est à vous, membres « paumés » de Guerre de Classe, que nous voulons nous adresser ici en espérant sauver ceux qui peuvent l’être avant qu’ils ne deviennent des « clones » zombifiés de Francis « Monologue » Cousin (certains seront hélas irrécupérables…), avant qu’ils ne deviennent victimes de ce nouveau totalitarisme politique d’indistinction qui s’appelle Guerre de Classe, nouvelle étape d’un capitalisme décidément très fort pour récupérer et absorber tout ce qui prétend s’opposer à lui.

Le ton sera volontiers sarcastique et moqueur, mais face à la clôture, il faut adopter la posture socratique du taon, celui qui ne craint pas de déplaire en utilisant l’ironie et l’humour afin de mettre son interlocuteur en difficulté. Nous serons donc le taon (aliéné) qui se chargera de piquer vos postérieurs (radicaux), réveillant les cousinistes confis que vous êtes dans l’admiration de leur gourou pour les pousser à aller au texte. Francis Cousin n’ayant pas daigné nous faire l’honneur d’une réponse (mille pardons seigneur !), c’est donc en tant que vilaines épaves marchandes que nous proposons ce court texte sur ce que doit être le rapport aux textes. On nous a reproché en effet de ne pas répondre sur le terrain du concept. Voilà qui sera ici fait, bien que du même coup nous nous exposions ici à un sempiternel rappel de notre condition d’intoxicateurs de l’Éducation Nationale de la marchandise. Malgré l’anticipation de cet estampillage universitaire (on entend déjà au loin les éternels slogans comme « crétinisme universitaire » ou « paumés narcissiques » ou « bande de paumés », on a l’habitude…), allons-y quand même…

Contrairement à ce que tente de faire croire avec malhonnêteté Francis Cousin, le débat véritable n’a jamais porté sur l’immortalité supposée du Capital mais sur le rapport aux textes, c’est une question de méthode. Contrairement également à ce que vous dit Francis Cousin, la pensée de Marx ouvre bien à d’autres pensées, précisément parce que Marx est en dialogue permanent avec d’autres penseurs sans lesquels il n’aurait jamais pu advenir à lui-même… Avant de prétendre que Marx dépasse qui que ce soit encore faut-il aller aux textes et vous réapproprier tout ça. Vous êtes hélas prisonniers de l’orthodoxie de Francis Cousin, une orthodoxie qui vous interdit de penser librement en prenant de la distance critique avec les thèses déployées et en allant voir dans d’autres grands auteurs, une orthodoxie dogmatique qui interdit l’écart à l’égard des sillons interprétatifs dessinés par monsieur Francis, une orthodoxie qui vous interdit simplement de douter, de questionner les évidences qui n’en sont pas… La meilleure manière de vous libérer de cette orthodoxie étouffante cousiniste est de vous plonger vraiment dans l’œuvre de Marx, œuvre qui est précisément une invitation à lire d’autres auteurs que Marx lui-même. Marx est ainsi le meilleur antidote à Francis Cousin et à ses limitations clôturantes. Plongez-vous sérieusement dans l’œuvre de Marx et vous réaliserez que Marx est en dialogue permanent avec d’autres géants de la pensée (Aristote, Épicure, Spinoza, Saint-Augustin, etc.) et que ça n’est pas une lubie de « club de lecture de paumés » mais le simple constat de gens intelligents qui lisent sérieusement. Quelle misère lorsque nous avons pu voir certains serviles et méprisables crétins de votre collectif débarquer à nos interventions durant ces 3 dernières années en sortant des conneries plus grosses que leurs grosses têtes d’imbéciles (du genre : « Aristote c’est de la merde »)…

Votre intelligence doit ainsi consister à entamer un dialogue riche et fécond avec ces auteurs en vous réappropriant le cheminement dialectique de Marx, et c’est seulement en entamant ce cheminement que pourrez voir si Marx dépasse ou abolit tel ou tel penseur, en attendant vous ne pouvez pas vous dispenser de la médiation de la lecture intelligente et critique… Vous devez donc sortir des slogans et des dogmes imposés par Francis et aller voir par vous-même ce qu’il en est. Lorsque Marx affirme qu’il faut « douter de tout », vous devez ainsi le prendre au mot en problématisant, en fissurant les évidences que Francis vous assène et vous impose (et vous finirez par comprendre qu’il faut ainsi sortir de Guerre de Classe et de son carcan étouffant). Un exemple simple ; lorsque Marx affirme la chose suivante : « Lisez De civitate Dei de saint Augustin, étudiez les Pères de l’Église et l’esprit du christianisme, puis venez et dites-nous si c’est l’État ou l’Église qui est l’État chrétien ! » (Rhz, juillet 1842), eh bien la démarche d’intelligence consiste à aller au texte d’Augustin et à mettre en relation le propos de Marx avec le propos d’Augustin (et non pas à balancer Augustin dans les « poubelles de l’Histoire » sous prétexte qu’il s’agirait là aussi d’une référence de « crétinisme universitaire » pour « club de lecture de paumés »)…

La lecture sérieuse n’est ainsi pas sélective a priori, elle ne distingue pas a priori les auteurs à jeter et les auteurs à sanctifier. Pour des connaisseurs avisés de l’Histoire, il est très étrange de vouer à l’oubli près de 2000 ans de culture, dans une forme d’autodafé théorique qui qualifie d’« épave marchande universitaire » quiconque aurait le malheur de trouver intéressants et pertinents des auteurs tels qu’Aristote, Descartes (des auteurs étudiés et appréciés par Marx lui-même), ou pire encore, Nietzsche et Céline. Le sectarisme et le dogmatisme intellectuel ne permettent pas une bonne lecture de cet immense auteur qu’est Marx, ce sectarisme et ce dogmatisme vous en êtes hélas prisonniers… S’ouvrir à d’autres pensées n’est en aucun cas le signe d’une aliénation universitaire, nous y reviendrons. C’est au contraire la condition d’une pensée vivante, pensée vivante aux antipodes de l’approche mortifère de Francis Cousin qui est incapable de voir les nombreuses tensions fécondes au sein de l’œuvre de Marx (ce que Maximilien Rubel fait quant à lui très bien et si nous avons un seul commentateur de qualité concernant Marx à vous recommander, c’est bien Rubel, un Rubel que Francis méprise alors qu’il n’a pas le dixième de ses talents de traduction, mais passons…).

Un penseur n’est en aucun cas un prophète, et un texte de Marx n’est pas un texte révélé. Une phrase de Marx, si pertinente soit-elle, n’est pas un argument en soi. S’il n’est pas question ici de remettre en cause la pertinence et l’importance méthodologique des Thèses sur Feuerbach ou de l’Idéologie Allemande, il convient cependant de rappeler brièvement leur histoire. Ces Thèses sont des brouillons, jamais publiés, jamais repris, sans doute oubliés par Marx lui-même. Une lecture honnête se doit ainsi de ne pas en faire un verset du Coran ou une page de la Torah. Il en est de même pour L’Idéologie Allemande : cet écrit polémique de circonstances pose les bases d’un immense chantier intellectuel qui n’a jusque-là pas été entrepris, et qui consiste à poser les conditions théoriques d’une praxis réellement subversive et d’une authentique compréhension du monde, condition indispensable à toute action qui se veut efficace pour émanciper l’humanité. Un penseur honnête n’oublie ainsi pas que l’œuvre de Marx demeure un immense chantier inachevé, et que les concepts qu’il mobilise n’ont pas pour vocation d’être figés, ne sont jamais arrêtés, mais sans cesse remobilisés et modelés, affinés et retravaillés, dans un travail vivant qui est la caractéristique d’une véritable pensée dialectique et critique. L’œuvre de Marx est un immense chantier inachevé qui pose plus de problèmes qu’il n’apporte de solutions, elle n’est pas un catalogue de réponses toutes prêtes à l’emploi ou de vérités révélées, ça c’est justement l’approche catastrophique de Francis Cousin que vous reprenez tous en chœur dans une absence de distanciation critique et réflexive désastreuse.

La méthode posée par Marx dans les Thèses sur Feuerbach et dans L’Idéologie Allemande n’est pas une fin, mais une tâche à mettre en pratique, la responsabilité qui incombe aux prolétaires, fussent-ils diplômés en philosophie, de transformer le monde. Ces textes ne sont ainsi pas des mantras à réciter, mais des chemins à suivre, ils indiquent des travaux à entreprendre, ils dessinent un horizon de signification pratique : abolir les conditions matérielles d’aliénation, travailler à un monde enfin authentiquement humain. Reconduire toute philosophie à ses conditions de production et d’apparition matérielle et sociale, ce n’est pas signer sa fin mais c’est appeler à son renouvellement. L’abolition de la philosophie est avant tout historique et concerne la philosophie des jeunes hégéliens, la pensée allemande sclérosée dans des idées inadéquates à la réalité historique de l’époque, enfermée dans des idées incompatibles avec les enjeux de l’époque. Les Thèses sur Feuerbach sont essentielles, et il s’agit, avec L’Idéologie Allemande, des grands textes que l’on n’a jamais fini de lire et de travailler. Mais ils n’appellent en aucun cas à une fin de la réflexion, à une mort de la pensée, à une fin de la philosophie comme mise en mouvement de la pensée qui veut rendre intelligible la complexité du réel. Ces textes sont d’une trop grande richesse pour n’être lus qu’à travers le prisme cousinien, un prisme clôturant que vous devez absolument dépasser si vraiment vous voulez vous mettre en auto-mouvement de pensée dialectique.

L’accusation de « subjectivisme » ou de « crétinisme » est chez Francis le masque de sa propre volonté subjective de domination clôturante sur le texte et sur l’interprétation qu’on peut en donner, Francis Cousin cloisonne complètement votre rapport au texte marxien et vous condamne à répéter l’interprétation que lui en donne (et qui n’est rien d’autre que le fond de sa propre subjectivité clôturante, totalitaire, étouffante et sourde) tout en vous dissuadant au fond de lire et de penser par vous-même, incapable de concevoir dialectiquement qu’on puisse s’écarter des sillons qu’il a lui-même tracés par avance. Lisez Maximilien Rubel, le grand commentateur français de Marx dans la Pléiade, et vous aurez une approche de Marx ouverte et riche, à dix-mille lieues de l’approche clôturante, sectaire et fermée délivrée avec agressivité par Francis. Quand bien même Francis aurait la prétention de vous transmettre les choses de façon impersonnelle, en vérité Francis « fait sa cuisine » avec les textes, il extériorise sa propre volonté subjective de cloisonnement du texte, ce qui a pour conséquence de produire des clones mimétiques de sa personne (et au fond c’est ça le collectif Guerre de Classe, c’est une négation de l’altérité par la reproduction cousiniste du même, c’est une « cousinisation » totalitaire de l’altérité qui transforme chacun en « zombie » de Francis Cousin…).

Un exemple simple : Francis ne cesse de vous marteler que pour Marx la Révolution sera nécessairement « belle » et « joyeuse », or, à l’examen des textes, cette proposition n’a strictement rien d’évident, absolument rien. Elle mérite approfondissement, elle mérite interrogation, elle mérite questionnement, elle mérite d’aller aux textes et de se poser des questions. En d’autres termes : elle pose problème (d’où la nécessité de la réflexion…). Mais pour Francis rien ne fait justement problème, et c’est bien ça le problème… Si vous lisez Maximilien Rubel, le grand commentateur français de Marx, vous réaliserez que l’œuvre de Marx n’est pas dénuée de tensions qui sont justement des ouvertures vers des réflexions riches et fécondes. Voici par exemple un commentaire intéressant :

« Une contradiction insoluble semble, dès lors, vicier l’enseignement de Marx : d’une part, l’éclosion de la société véritablement humaine y est présentée comme la conséquence inéluctable de l’effondrement non moins fatal du régime capitaliste ; d’autre part, la révolution sociale devant entraîner la transformation radicale de la condition humaine y apparaît comme l’œuvre d’individus hautement conscients, assumant une tâche historique clairement circonscrite. Tantôt, Marx affirme que ce « ce que tel ou tel prolétaire ou même le prolétariat tout entier s’imagine être momentanément son but » importe peu ; ce qui importe, c’est l’existence réelle du prolétariat, imposant à celui-ci son action historique (La Sainte Famille). Objectif et actions historiques sont « prescrits » au prolétariat « de façon concrète et irrévocable », dans sa propre situation comme dans toute l’organisation de la société bourgeoise actuelle ». Le capitalisme engendre sa propre négation, le socialisme avec « la fatalité qui préside aux métamorphoses de la nature » (Le Capital). Et puis, nous lisons : « L’Histoire ne fait rien… c’est plutôt l’homme réel et vivant qui fait tout cela… Ce n’est nullement l’Histoire qui se sert de l’homme comme un moyen pour réaliser ses buts à elle, comme si elle était un personnage particulier. L’Histoire n’est que l’activité de l’homme poursuivant ses propres fins. » Ou ceci : « La masse prescrit à l’Histoire sa tête et son action. » On voit que, dans ces citations, une conception strictement fataliste de l’évolution historique voisine avec une foi absolue dans l’« initiative historique » de la classe opprimée investie – par qui ? – d’une « mission historique ». Est-il possible de concilier des attitudes intellectuelles aussi contradictoires, sans faire litière de la foncière unité du génie de Marx ou sans faire intervenir le prétendu ésotérisme de son message ? La question n’ayant jamais été examinée sous cette forme, l’enseignement de Marx a immanquablement subi les travestissements les plus bariolés, les jugements les plus contradictoires ayant été portés avec une égale assurance et avec une égale pertinence dans le choix des textes invoqués en faveur de telle thèse ou de telle autre. »

Se satisfaire de réponses « toutes prêtes » qui seraient directement fournies par les textes de Marx sans les questionner (comme le fait systématiquement Francis Cousin) c’est tomber dans un discours idéologique, un discours arrêté et complètement sclérosé, un discours de mort. L’absence de problématisation de Francis Cousin ne peut tromper que des non-lecteurs mais pas des lecteurs intelligents qui réfléchissent (d’où l’insulte adressée à notre groupe comme étant un « club de lecture de paumés » tandis que Francis s’entoure d’imbéciles pour le relayer de façon servile), au-delà de ça, cette absence de problématisation est l’expression de la mort de la pensée, or la mort de la pensée c’est la mort de l’homme. De ce point de vue là, Guerre de Classe, nous vous combattrons vous et votre collectif morbide et totalitaire.

Revenons aux Thèses sur Feuerbach. Pour des raisons de longueur, permettez-nous d’aller à l’essentiel, et de nous focaliser sur la thèse XI. Nous transformons le monde, quoi qu’il arrive. Le simple fait de vivre implique de laisser des traces et d’impacter un réel sur lequel nous ne pouvons qu’agir. Reste à ne pas transformer le monde n’importe comment, d’où la nécessité de la formation théorique, dont encore une fois on peut se demander à quoi elle doit ressembler pour ne pas être universitaire… En effet, penser n’est pas ratiociner, penser c’est poser les conditions d’une praxis d’émancipation efficace. Toute théorie sans pratique est vide. Toute pratique sans théorie est aveugle et avant d’ouvrir votre grande gueule sur la praxis, avant de critiquer ceux qui selon vous ne « pratiqueraient » pas « comme il faut » (ce que vous faites en permanence en vous réfugiant derrière votre inculture abyssale, simplement planqués derrière les slogans et les dogmes de Francis), il serait nécessaire de mettre à profit les enseignements de votre diplômé de maître à penser pour proposer des définitions claires, des distinctions conceptuelles précises, des thèses intelligibles, des problèmes bien posés, ce que Francis est structurellement incapable de faire (et on en sait quelque chose). Aucune des propositions avancées par Francis Cousin n’est en effet jamais vraiment problématisée, dialectisée, interrogée, rendue intelligible. Les exemples sont nombreux : « La vérité c’est le Tout », « Le temps n’existe pas », « Dieu n’existe pas », « Il faut abolir la philosophie », « Le communisme est la communauté absolue des biens », etc., autant de propositions métaphysiques qui appellent (pour des gens vraiment « humbles ») discussion et réflexion, tout ce que l’omniscience délirante de Francis Cousin prétend balayer d’un revers de main en un geste méprisant qui est la négation de la pensée. Francis Cousin est bel et bien un avatar du nihilisme moderne, un avatar de l’absence de pensée, l’absence de questionnement concernant l’Être (un comble pour l’auteur d’un bouquin intitulé « L’Être contre l’Avoir »). Il faut absolument que vous sortiez de tout ça (donc de façon pratique : barrez-vous de Guerre de Classe et allez lire et penser par vous-même). Si vous restez à Guerre de Classe vous vous condamnez à l’indifférenciation, à la déshumanisation et à la mort. Francis Cousin, désormais absorbé par le Spectacle du youtubisme de la représentation narcissique, a enclenché une mécanique totalitaire et déshumanisante à travers Guerre de Classe, espérons que vous ayez assez de lucidité pour l’arrêter et pour faire exploser tout ça.

Retrancher de la culture toutes les immenses références entre Parménide et Hegel est un crime que seul ce nouveau génie du mal qu’est Francis Cousin peut commettre. Si les arguments sont parfois pertinents, il est cependant étrange que ce découpage vienne précisément de quelqu’un qui a eu la chance et le luxe de pouvoir les lire dans le cadre du crétinisme universitaire. Contrairement à ce que vous martèle Francis, la culture ne se réduit pas à un supplément d’âme à destination d’épaves marchandes en mal de sens. Si la thèse d’une historicité de la pensée est d’une grande puissance, elle ne permet cependant pas d’expliquer ce qu’il y a d’universel dans une pensée historique datée. Réduire ainsi la lecture de Platon à un moment instructif sur la Cité Grecque est certes pertinent, mais partiel. Platon est, et restera, n’en déplaise à Cousin, un penseur universel. Car si la philosophie est exclusivement le produit des conditions matérielles, comment expliquer que Marx soit parvenu à penser contre et au-delà de son temps ? Comment expliquer qu’une pensée puisse s’extraire de ses conditions de production ? Comment expliquer objectivement l’énorme effort de toute pensée pour s’arracher de ses conditions historiques d’émergence ? Il y a quelque chose d’indépassable dans chacun des grands géants de la pensée, ce privilège ne revient pas qu’à Marx, n’en déplaise à Francis Cousin et à ses crises délirantes d’omniscience métaphysique.

Nous espérons ne causer de rupture d’anévrisme à personne en nous permettant de citer Nietzsche (Maximilien Rubel, n’en déplaise à Francis le sectaire, ne se prive pas pour parler avec intelligence de Nietzsche) : le philosophe est la mauvaise conscience de son temps. Faudrait-il oublier le courage de Socrate face à ses accusateurs ? Faudrait-il oublier la révolution copernicienne qui, soit dit en passant, est la condition de possibilité de Marx ? Il y a une haine de la culture et de la pensée en Francis Cousin et vous vous corrompez tous humainement en reprenant en chœur ses maléfiques diatribes. Il est certes compréhensible de ne pas aimer Kant, mais le jeter aux poubelles de l’histoire comme un auteur inutile uniquement réservé à des « paumés universitaires », c’est justement nier le mouvement dialectique et historique de la pensée qui a pu conduire à Marx. Permettez-nous d’ailleurs, si cela ne vous fait point trop souffrir, de jouer les professeurs, en rappelant l’apport de Kant et son influence, directe ou non, voulue ou non, sur Marx, influence qu’il n’est d’ailleurs pas interdit de considérer comme négative par ailleurs.

Kant a manqué la dimension sociale de la pensée, mais il est le premier à l’incarner dans la matière sensible, condition de toute validité conceptuelle. Il est le premier à poser la nécessité pour une pensée qui se veut valide d’être matérialisée ou matérialisable. Certes, Kant manque la dimension pratique de la pensée, mais comme tout penseur historiquement embarqué, il ouvre un chemin de pensée. Il ouvre d’ailleurs indirectement la voie à la pensée de Marx à travers Hegel (car pas de Hegel sans Emmanuel Kant). Faire ainsi de la période qui sépare Parménide de Hegel une sorte « d’âge sombre » de la pensée (comme le fait Francis) revient à participer à la destruction de la culture dont le Capital a besoin pour former des esclaves toujours plus dociles et des alliés toujours plus véhéments (dans le livre I du Capital Marx montre bien que l’accumulation du Capital s’accompagne de la nécessité structurelle d’abrutir et de plonger les prolétaires dans l’ignorance), des esclaves déculturés que vous incarnez membres de Guerre de Classe… Votre ignorance et votre haine affichée de la culture sont ainsi l’expression de ce que veut le mode de production capitaliste. C’est aussi, paradoxalement, nier la dialectique de l’Histoire qui a conduit à Marx, et l’anti-dialectique est précisément la marque de Francis Cousin.

Marx est une pensée qui ouvre à d’autres penseurs (il suffit de l’avoir un minimum lu pour le comprendre), et la lecture d’Aristote, de Descartes, de Kant, etc., n’a absolument rien d’inutile, bien au contraire elle est nécessaire… Marx permet d’accéder à une compréhension plus grande de l’Histoire et de la culture, en ce qu’il la dépasse et l’éclaire d’une lumière très forte. Jeter toutes ces références à la poubelle comme le fait Francis Cousin est non seulement détestable mais surtout stupide, et vous êtes encore plus stupides lorsque vous reprenez tous unanimement cette détestation cousiniste de la culture (qui au début était amusante mais à la longue devient franchement insupportable).

Mais nous allons peut-être trop loin : et si tout ce cirque sur la culture, sur votre haine de celle-ci, n’était en réalité qu’une excuse commode pour ne strictement rien branler, à part vous réfugier dans des thèses que vous n’interrogez jamais, sûrs que vous êtes de détenir la vérité absolue ? Il faut vous le dire Guerre de Classe : vous n’êtes pas l’Internationale. Vous êtes les Vieux Hégéliens dont parle Marx dans L’Idéologie Allemande : des penseurs morts qui ne savent que plaquer des concepts faisandés sur une réalité qu’ils s’interdisent de comprendre. Rendez-vous à l’évidence Guerre de Classe : vous êtes des truffes cosmiques. Quand nous entendons certains d’entre vous parler du « mouvement réel des luttes de classes » alors que nous connaissons leurs conditions matérielles et sociales d’existence, il y a franchement de quoi rigoler, à la limite, c’est la seule qualité que nous pouvons vous trouver : vous nous faites rire, nous nous moquons de vous.

Guerre de Classe n’est ainsi pas une structure communiste, c’est une structure sectaire et totalitaire, une matrice de totalitarisme en laquelle la pluralité des opinions est interdite et le libre dialogue intelligent proscrit, quand bien même elle se prétendrait au plus proche du « mouvement réel de l’Histoire ». L’habileté sophistique de Francis Cousin provient de sa capacité à discréditer toute critique intelligente en l’excommuniant hors du mouvement réel de l’Histoire et en faisant appel à l’impersonnalité de la vérité universelle (une impersonnalité de la vérité que la subjectivité de notre cher Francis met pourtant bien à mal en permanence). L’habileté sophistique de Francis Cousin est dans sa capacité à discréditer toute critique intelligente en la ramenant à une subjectivité déformante qui serait coupée de l’universel, dans le même temps : Francis Cousin est incapable de comprendre que la prétention d’accès à l’universel puisse poser problème quand on est soi-même une toute partie de l’universel (dans L’Être contre l’Avoir Francis tient ainsi pour acquise la déconstruction de Kant opérée par Hegel alors que cette déconstruction n’a absolument rien d’évident, nous avions offert un livre entier à Francis à ce sujet, un livre tendant justement à montrer que Kant résistait à la déconstruction qu’Hegel prétendait opérer et Francis avait dit « de la merde ! », quelle argumentation impressionnante !).

Un petit paragraphe maintenant pour compenser ces tristes leçons et pour tempérer les inévitables et lassantes accusations de « crétinisme universitaire » (vous êtes des champions du monde depuis 3 ans pour nous emmerder avec ça comme des perroquets). Car le crétinisme universitaire est une réalité, dont l’expérience suppose paradoxalement d’être passé par l’université, pour sentir dans son esprit et dans sa chair (dans la praxis…) la mort de la pensée propre à la pensée d’amphithéâtre (on s’attend désormais au sempiternel « ces paumés n’ont rien compris à Marx »). Chaque pensée, si pertinente soit-elle, est à la fois embarquée et accompagnée d’une ombre (et des ombres il y en a beaucoup chez Marx…). Elle procède d’une position historique claire mais aussi d’une subjectivité incarnée. Nul subjectivisme ou narcissisme ici, simplement du bon sens (cette chose dont Descartes considérait qu’elle est la « mieux partagée » au monde). Pas de relativisme de bas étage ici. Nous récusons tout autant que vous le « moi je pense que » puant de l’homme-masse indistinct qui parle du fin fond de son ignorance satisfaite, mais la subjectivité et la finitude constituent des éléments structurellement indépassables, et nous arrivons à dépasser les clivages théoriques et pratiques dans nos interventions sans cloisonner, ostraciser, condamner a priori comme vous le faites.

Libérez-vous des dogmes de Francis et lisez, faites l’expérience de la réelle contradiction bon sang, faites l’expérience d’une lecture vivante d’auteurs qui vous permettront de devenir de meilleurs humains, vous avez le droit d’apprécier le travail de Francis (cela a été notre cas avec la Critique de la société de l’indistinction) mais vous vous plantez royalement si vous vous arrêtez à ça. L’attitude de votre groupe est aux antipodes d’une pensée vivante (pourtant appelée par Marx lui-même). Elle est idéologique. Francis Cousin critique la philosophie (discipline dans laquelle il est pourtant diplômé) mais cela est d’autant plus triste qu’il n’y comprend rien. La philosophie ne se résume pas à une morbide étude de textes déconnectés du mouvement réel. Être philosophe est une vertu, et comme toute vertu, c’est dans la pratique qu’elle trouve sa vérité. Philosopher, c’est ne rien affirmer qui n’ait été auparavant patiemment vérifié et avoir une réelle humilité, pas celle qui consiste à se poser arbitrairement comme l’héritier de la première Internationale, pas celle qui consiste à se poser arbitrairement comme détenteur dogmatique du Vrai. Philosopher, c’est accueillir humainement une autre pensée que la sienne et tenter d’en comprendre le sens, c’est aussi et surtout, sortir de soi pour se fondre dans ce qu’autrui peut m’apprendre et me dire (ce que Francis est incapable de faire dans sa négation de l’altérité). Philosopher, c’est fissurer les évidences et repérer des problèmes, des problèmes qui font écho à la complexité de la réalité. Philosopher, c’est accomplir son humanité, c’est déployer sa dimension existentielle d’être en quête de sens.

La philosophie bien comprise est donc le contraire de l’idéologie, elle est précisément ce que Marx a dépoussiéré pour en faire ce mouvement vivant de réflexion et d’interrogation en vue d’une émancipation humaine universelle. La philosophie bien comprise n’est pas de l’idéologie (bien qu’on puisse depuis Marx identifier une bonne partie de la philosophie à de l’idéologie) tandis que l’idéologie n’est qu’une pensée morte, l’enfantin babillage de celui qui n’a pas atteint sa majorité intellectuelle. Marx replace la pensée dans son élément réel et procède, non pas à une mise à mort de la philosophie, mais à sa réalisation la plus éclatante à travers la possibilité de son dépassement dialectique, c’est cela le sens marxien de l’abolition de la philosophie comme aufhebung (suppression, conservation et dépassement). Et cette réalisation est encore à accomplir. C’est notre horizon pratique de signification. Cette mise en garde véhémente n’a d’autre but que de vous ouvrir les yeux. Que vous ne soyez pas d’accord avec nous, tant mieux. Notre petit groupe comporte des gens qui ne sont pas toujours en accord théorique. Mais au moins, nous pensons, nous vivons, nous rions (contrairement à vous qui n’avez aucun humour) et nous avançons dialectiquement…

Un autre argument attire notre attention. Vos attaques n’auraient rien de personnel mais seraient faites au nom de la lutte de classes. A ce moment là, tout devient justifiable : nous pourrions traiter certains membres de votre collectif de pauvres types (ce qu’ils sont objectivement pour certains), d’épaves, de merdes aliénatoires, et nous justifier de manière bien commode en prétextant l’impersonnalité (ce que Francis Cousin fait en permanence alors même qu’il est dans la projection de sa propre personnalité, la projection de sa propre subjectivité). Le couplet sur la subjectivité est ainsi non seulement partiellement faux, mais également dangereux. Si il est salutaire de dire qu’une pensée subjective est en effet sans valeur, dans la mesure où ce n’est pas le « je qui pense », il est en revanche dangereux de nier la part nécessairement subjective, car finie, de la nature humaine. L’homme est naturellement embarqué, situé, et sauf à faire preuve d’une délirante hybris (comme celle de Francis qui se prend de plus en plus pour un prophète omniscient), il est impossible pour lui de saisir l’intégralité du réel et du mouvement de l’histoire, cette délirante hybris c’est désormais celle de Francis Cousin qui tape régulièrement des crises d’omniscience métaphysique et messianique, et cela sans jamais la moindre ombre d’un début de petit commencement de doute ou d’humilité, ni même sans le moindre petit début de commencement de contradiction de la part d’un seul des membres de votre collectif… Quiconque prétend, peu importe sa justification, détenir LA Vérité, n’est pas un penseur mais un gourou, n’est pas un passeur mais un chef, n’est pas un transmetteur mais un intoxicateur.

Autre argument. Toute association, une fois atteinte une certaine taille, devient nécessairement un système, et se voit forcée de devenir ce qu’elle prétend combattre. Les pôles, les rendez-vous, les adhésions… bientôt les cartes premium et les figurines Guerre de Classe ? Bientôt les pins et les entretiens vidéos payants ? Bientôt les forfaits pour couples et les formations à prix réduits ? En grossissant vous ne pouvez échapper aux travers de toute entreprise, et votre structure devient, par une série de glissements, une PME sectaire incapable d’ouverture, une PME reprenant le vocabulaire et les codes de l’entreprise, cela devient de plus en plus visible à mesure que le temps passe… La phénoménalisation de votre dégénérescence en PME marchande et spectaculaire se déploie dialectiquement sous nos yeux à chaque nouvel entretien que vous sortez… Autre preuve ? Vous vous octroyez sans sourciller le monopole de la radicalité stellaire, et vous voyez dans chaque groupe un concurrent à absorber ou, le cas échéant, à éliminer. La fausse proposition de débat vidéo de Francis dans les mails privés n’était qu’un prétexte à se valoriser narcissiquement sur youtube (le débat véritable n’a jamais été sur l’immortalité du Capital et Francis le sait très bien)… De penseur critique jadis sympathique, Francis s’est désormais transformé en gourou sectaire au service du Spectacle, c’est désormais un ennemi à combattre.

Dans le monde de la réalité renversée, Francis Cousin, jadis critique du Spectacle, est en effet désormais devenu un agent du Spectacle de la représentation narcissique youtubique, la représentation spectaculaire a absorbé et tué Francis Cousin, quel extraordinaire renversement dialectique ! Francis, le grand critique du Spectacle, a désormais été absorbé par la représentation spectaculaire ! Francis Cousin, jadis brillant critique de l’indistinction spectaculaire marchande, a été absorbé par cette même indistinction spectaculaire qu’il reproduit à travers Guerre de Classe ! Francis Cousin est ainsi devenu un Goldstein et est condamné à multiplier à l’infini ses monologues autistiques où il répétera sans cesse les mêmes poncifs tandis qu’il vous condamnera à cette répétition dogmatique et machinique à l’infini, Francis est passé de l’autre côté du télécran… Les incessantes références spectaculaires à un Mouvement Réel que vous n’êtes pas foutus, par incompétence et flemmardise, de définir clairement, ne sont que le signe final de votre sectarisme. Ce Mouvement est devenu votre idole, votre fétiche, en lequel vous placez vos espérances, et dont l’invocation incantatoire permanente vous mets à l’abri de toute remise en question. Cela n’est pas de l’argumentation, de la pensée, ni même un comportement humain, c’est un comportement de secte. Guerre de Classe : vous êtes désormais une secte spectaculaire de timbrés hors du mouvement réel historique que vous prétendez incarner, vous n’êtes d’ailleurs plus très loin de devenir des mêmes internet, ridicules et risibles. Vous n’êtes d’ailleurs également plus très loin d’être aussi détestables que toutes les sectes de la Gauche du Capital qui reprennent Marx pour mieux le tordre et le déformer.

Votre collectif est désormais enfermé dans la prière cousino-marxiste. Hors de toute contradiction, la sainte Parole devient un mantra toujours répété mais jamais questionné. Du fait d’une réalité sociale qui n’est plus propice au soulèvement du prolétariat, toute spontanéité a disparu, et à l’immanence communautaire de la révolution authentique succède une logique de secte ; la pratique sociale commune se transforme en noyautage narcissique et religieux de la rhétorique radicale, sèche et étouffante pour quiconque cherche un véritable mouvement de vie pleinement humaine. Tous les retours que nous avons sur votre collectif sont unanimes (et nous vous avons assez fréquentés pendant 3 ans pour savoir ce qu’il en est) : Guerre de Classe est étouffant, oppressant, aliénant. Le robotisme machinique du même catéchisme cousiniste répété à l’infini c’est la mort, ça puire. Membres de Guerre de Classe : vous sentez mauvais. Nous sentons déjà l’odeur des futurs corps que vous allez fusiller pour avoir osé blasphémer contre le « Mouvement réel ».

Pour le dire autrement : faute d’un réel mouvement révolutionnaire, vous vous êtres repliés sur vous-mêmes et êtes devenus un parti politique. La mutation est patente pour toute personne extérieure et vous êtes devenus tout ce que vous prétendez combattre. Francis Cousin, jadis critique du Spectacle et de l’aliénation capitaliste, a désormais été transformé en agent du Spectacle. Vous ne faites ainsi que donner aux critiques débiles de Marx la parfaite confirmation de la dérive supposée structurellement nécessaire du communisme en dictature totalitaire négatrice de l’altérité. Car il faut le dire Guerre de Classe : vous finirez par embastiller et fusiller, au nom du Mouvement Réel, ceux que vous considérerez arbitrairement comme des traitres. Vous flinguerez, au nom de ce mouvement, pour ce mouvement (ou plutôt au nom de la compréhension déformée que vous en avez), ceux qui constitueront selon vous un obstacle à son saint déploiement. Votre censure totalitaire est le terreau d’une distinction mortifère entre ceux que vous qualifiez d’aveugles et les voyants, ceux qui auraient vu la lumière et qui, du même coup, cessent de douter et ne considèrent pas la critique comme un moyen de grandir, mais comme une attaque contre leurs dogmes. Les justifications fuyantes, à coup de « c’est le mouvement réel », ou de « vous avez mal/pas assez lu », ou de « ce sont des paumés narcissiques », ne sont que de pathétiques oripeaux pour votre attitude de petits capos de la radicalité, de pathétiques oripeaux de votre côté sectaire. Cette logique fait de vous, non des héritiers de Marx, mais des thuriféraires de Staline, des robots sans âme, incapables de faire autre chose que de suivre un sillon déjà tracé. Vous n’êtes pas les Marins de Kronstadt Guerre de Classe. Vous êtes les commissaires bolchéviques qui ont ordonné leur mort. Les Marins de Kronstadt c’est nous, le Mouvement Réel c’est nous, vous vous êtes les troupes léninistes, trotskystes ou staliniennes de la nouvelle police de la pensée du cloisonnement cousiniste de Marx, les nouvelles troupes qui tentent de flinguer tous ceux qui osent s’écarter de vos dogmes métaphysiques, les troupes des futures et nouvelles purges anti-prolétariennes.

Pour conclure : Guerre de Classe nous vous emmerdons (il n’y a pas d’autre mot), à chaque fois que cela sera nécessaire nous nous moquerons de vous (il y a vraiment de quoi rigoler, l’humour est un bon marqueur de distanciation critique) et nous vous combattrons. Aux membres de votre collectif qui ne seraient pas encore complètement lobotomisés par l’indifférenciation totalitaire cousiniste : fuyez avant qu’il ne soit trop tard ! Si vous restez dans cette secte de timbrés, c’est la mort qui vous attend. Francis Cousin a désormais enclenché une mécanique totalitaire à travers Guerre de Classe, Francis Cousin a remplacé les joyeux apéritifs du passé (lorsque nous l’avions connu) par un formalisme abstrait et une logique bureaucratique d’entreprise froide, impersonnelle et mortifère, Francis Cousin a désormais enclenché une monstrueuse mécanique nihiliste totalitaire anti-dialectique, une mécanique spectaculaire négatrice de l’altérité, une mécanique de mort. Guerre de Classe, vous êtes désormais la mort, et nous vous combattrons car nous voulons vivre.