Cercle Marx

Apocalypsologie marxienne hétérodoxe dont le seul espoir est d’être radicalement démentie ces prochaines années…

Se confronter au nihilisme actuel de l’espèce humaine prisonnière de l’errance, de l’inimitié, de la folie et menacée du risque mondial et potentiellement imminent d’extinction…

Déterminer une tératologie phénoménologique du Capital réifiant-totalitaire-destructeur absorbant toute réalité en son procès d’immortalisation et d’anthropomorphose…

Comprendre les causes structurelles et conjoncturelles de la domination actuelle de la Contre-Révolution…

Mettre en évidence le Danger ultime d’annihilation de l’espèce humaine et ne le faire qu’en espérant se tromper complètement…

« L’immortalité à laquelle aspire l’argent en se comportant négativement envers la circulation (en s’en retirant) est atteinte par le Capital précisément parce qu’il s’abandonne à la circulation. » (Marx, Grundrisse/Urtext)

« Et dans cette forme totalement extranéisée du profit et dans la même mesure où la forme du profit dissimule son noyau interne, le Capital acquiert de plus en plus une forme réifiée, d’un rapport il devient toujours plus une chose, mais une chose qui a le rapport social dans le corps, qui l’a avalé, une chose se rapportant à elle-même avec une vie fictive et une autonomie, un être sensible suprasensible ; et dans cette forme de capital et de profit il apparaît à la surface en tant que présupposition achevée. C’est la forme de son effectivité οu, mieux, sa forme d’existence effective. Et c’est la forme sous laquelle il vit dans la conscience de ses agents (supports), les capitalistes, qu’elle se déroule dans leurs représentations. » (Marx, Le Capital, livre IV)

« Aussi longtemps que le Capital est faible, il s’appuie simplement sur des béquilles prises dans les modes de production passés ou en voie de disparition à la suite de son développement. Sitôt qu’il se sent fort, il rejette ces béquilles et se meut conformément à ses propres lois. Enfin, lorsqu’il commence à sentir et à savoir qu’il devient lui-même une entrave, il cherche refuge dans des formes qui, tout en parachevant la domination du Capital, brident la libre concurrence et annoncent la dissolution du mode de production fondé sur le Capital. » (Marx, Grundrisse)

« L’organisation du procès de production capitaliste développé brise toute résistance… » (Marx, Le Capital, livre I)

« Le mécanisme du procès de production capitaliste élimine donc de lui-même les obstacles qu’il se crée spontanément. » (Marx, Le Capital, livre I)

« (…) la baisse générale de la qualité des marchandises, la falsification, la contrefaçon, l’empoisonnement général tel qu’on le voit dans les grandes villes, sont les conséquences nécessaires… » (Marx, Manuscrits de 1844)

« Néanmoins, lorsque l’on s’enquiert des causes des succès de la contre-révolution, on obtient de tous les côtés la réponse commode que c’est Monsieur Un Tel ou le citoyen Tel Autre qui a « trahi » le peuple (ce qui d’ailleurs peut être vrai ou non, selon le cas). Mais, en aucun cas, cette réponse n’explique quoi que ce soit, qui plus est, elle ne permet même pas de comprendre comment il s’est fait que le « peuple » se soit laissé trahir de la sorte. » (Marx & Engels, Bilan de la défaite de 1848-1849)

« Mais, quelle que puisse être la voie ou s’engagera la nouvelle Assemblée nationale, le résultat ne peut être qu’un triomphe complet de la contre-révolution, ou bien une nouvelle Révolution victorieuse ! Peut-être la victoire de la révolution n’est-elle possible qu’une fois accomplie la contre-révolution ? » (Marx, Discours au procès de Cologne)

« Le Capital peut échapper à son propre devenir catastrophique, mais il crée par là-même les conditions d’un anéantissement humain. » (Invariance, Juillet 1972)

« Nous ne sommes apocalypticiens que pour avoir tort. » (Anders, Le Temps de la fin)

« Le sujet humain est devenu inutile. » (Bordiga, La doctrine du diable au corps)

« C’est donc cette position des plus inconfortables que doit assumer la pensée : mettre en évidence un Danger monstrueux, que personne ne peut ni ne veut voir, et ne le faire que dans l’espoir d’être démenti. » (Vioulac, La Logique totalitaire, essai sur la crise de l’Occident)

« Dans l’ensemble, les marxistes ne brillent guère par leur capacité à lire dans les pensées de leurs adversaires. S’ils étaient un peu plus perspicaces, l’Europe ne serait pas dans une situation aussi désespérée qu’elle l’est à présent. Armés d’une technique censée tout expliquer, ils ne se donnent généralement pas la peine de deviner ce qui se passe dans la tête des autres. » (Orwell, Le Quai de Wigan)

« Marx certes était athée, « matérialiste », etc. Mais chez un philosophe aussi il convient de distinguer ce qu’il est et ce qu’il croit être. Ce qui compte, ce n’est d’ailleurs pas ce que Marx pensait et que nous ignorons, c’est ce que pensent les textes qu’il a écrits. Ce qui paraît en eux, de façon aussi évidente qu’exceptionnelle dans l’histoire de la philosophie, c’est une métaphysique de l’individu. Marx est l’un des premiers penseurs chrétiens de l’Occident. » (Michel Henry, Marx)

« Ma devise préférée : il faut douter de tout… Mon activité favorite : bouquiner… » (Marx, Confession)

« Le Capital devient ainsi un être tout à fait mystérieux… » (Marx, Chapitre Inédit du Capital)

« En quelque sorte, Marx ne doit plus être simplement un « critique du marxisme » mais aussi un critique… de Marx ! » (Collectif Junius, Au-delà du Parti)

« Dans les milliers de pages de l’œuvre de Marx et Engels, l’on peut bien dénicher à deux ou trois reprises le terme « effondrement » utilisé dans le sens d’une ‘faillite du système capitaliste’, cependant, jamais dans l’acception que lui a donné R. Luxemburg, à savoir une « impossibilité économique du capitalisme », fondant « la nécessité historique objective de l’effondrement du capitalisme », et découlant « d’un épuisement de la sphère extra-capitaliste ». (…) Par contre, l’on rencontre abondamment l’idée contraire chez Marx, à savoir celle d’un capitalisme qui n’est pas condamné au suicide mais qui renaît sans cesse de ses cendres en plaçant la barre des enjeux à chaque fois plus haut, à la mesure de ses contradictions grandissantes comme nous l’avons rappelé ci-dessus. De même, l’on retrouve explicitement chez lui également l’idée qu’un mode de production ne s’effondre pas mais survit à ses contradictions tant qu’il n’a pas été renversé par une nouvelle classe révolutionnaire, même si cette survie doit se faire dans des formes de plus en plus barbares. Autrement dit, c’est tout à fait abusivement que R. Luxemburg et tous ceux qui la suivent attribuent leurs propres conceptions à Marx. » (Controverses, « Des crises permanentes, ça n’existe pas »)

« Tout esprit sectaire, inquisiteur est agent létal de la révolution. » (Invariance, mai 1973)

« Une phrase de Friedrich Engels (F. Engels : Avant-propos à la quatrième édition du Manifeste Communiste, 1er mai 1890), qui condense toute l’éthique prolétarienne, doit servir de modèle à son action, à sa praxis spirituelle et éducative et inspirer l’éthique socialiste de la période de transition : « Pour le triomphe final des principes établis dans le Manifeste communiste, Marx misait uniquement et exclusivement sur le développement intellectuel de la classe ouvrière, tel qu’il devrait résulter nécessairement de l’action solidaire et de la discussion. » » (Maximilien Rubel, Marx critique du marxisme, p.145)

« Il est clair que si l’on admet l’accumulation sans limite du Capital, on a aussi prouvé sa viabilité sans limites… Si le mode de production capitaliste est en état d’assurer sans limites l’accroissement des forces de production, le progrès économique, alors il est invincible. » (Rosa Luxembourg, L’Accumulation du Capital).

« La secte ne trouve pas sa raison d’être et son point d’honneur dans ce qu’elle a de commun avec le mouvement de classe, mais dans un signe particulier qui la distingue de ce mouvement… » (Marx à Schweitzer, 13 octobre 1868)

« Si Nietzsche a publié Ecce homo, par crainte d’être un jour canonisé par des disciples qu’il ne souhaitait point, pareille précaution ne s’imposait pas dans le cas de Marx, bien que celui-ci n’ait pu rédiger et publier qu’un fragment de l’œuvre projetée. » (Maximilien Rubel, Marx critique du marxisme, p.23)

« L’éthique marxienne se caractérise négativement par son amoralisme, et positivement par sa démarche essentiellement pragmatique. Elle rejoint, à travers Feuerbach, la pensée éthique du plus grand amoraliste qui fût : Spinoza. Comme L’Éthique de ce dernier, elle est un message d’existence et non de spéculation. Comme Spinoza, Marx fait entrer l’homme dans le règne éternel de l’infinie nature et lui assigne pour idéal de perfection la réalisation de sa totalité humaine – mais là s’arrête l’analogie, dont la poursuite aboutirait au paradoxe. On peut cependant reporter sur Marx l’étonnant aveu que Nietzsche fit un jour, lorsqu’il se découvrit disciple de Spinoza (Nietzsche à Overbeck, 30 juillet 1881) : « Je suis tout à fait surpris, tout à fait ravi ! J’ai un prédécesseur – et de quelle envergure ! – Je ne connaissais pas Spinoza, ou presque : l’avoir recherché maintenant, c’était un acte de l’instinct. Non seulement sa tendance générale est identique à la mienne – faire de la connaissance la passion la plus puissante ; je me retrouve dans cinq points essentiels de sa doctrine, ce penseur le plus extraordinaire et le plus solitaire me rejoint principalement en ceci : il nie la liberté de la volonté ; la finalité ; l’ordonnance morale de l’univers ; le non-égoïsme ; le mal. Sans doute, les différences sont énormes, mais elles sont dues surtout à l’époque, à la culture et à la science différentes. » (Maximilien Rubel, Sociologie critique, introduction)

« Pour citer un dernier épisode, rappelons qu’en 1872 Marx fit exclure Bakounine de l’Internationale, convaincu que l’anarchiste voulait la transformer en une société de conspirateurs dont il aurait été le maître absolu. La société secrète bakounienienne visait à la « reconstitution de tous les éléments de l’État autoritaire sous le nom de communes révolutionnaires (…) l’organe exécutif est un état-major révolutionnaire formé par une minorité (…) l’unité de pensée et d’action ne signifie rien d’autre qu’orthodoxie et obéissance aveugle. Perinde ac cadaver. Nous sommes en pleine compagnie de Jésus. » (L’Alliance de la démocratie socialiste et l’A.I.T, 1873, cité par Maximilien Rubel, Marx critique du marxisme, p.179)

« Or, même quand quelqu’un a raison, il a besoin de la dialectique pour défendre et maintenir sa position. Il lui faut connaître les stratagèmes malhonnêtes afin de savoir comment leur faire face, voire même en faire usage lui-même afin de frapper son adversaire avec ses propres armes (…) La science de la dialectique, en un sens du terme, a pour principal but d’établir et analyser les stratagèmes malhonnêtes afin qu’ils puissent être immédiatement identifiés dans un débat réel, et écartés. C’est pourquoi la dialectique doit faire de la victoire son véritable but, et pas la vérité. » (Schopenhauer, L’art d’avoir toujours raison)

« Tout ce qu’on nomme la science pure, c’est-à-dire le jeu des systèmes et des hypothèses, des explications et des théories, tout cela est plein, est bondé, est bourré des plus anciennes mythologies physiques et métaphysiques. » (Charles Péguy, Cahiers de la Quinzaine).

« Chaque question est une jouissance, toute réponse déperdition. » (Heidegger, Cahiers noirs)

« Même les communistes ont une religion… » (Heidegger, entretien télévisé de septembre 1969)

« Je suppose naturellement des lecteurs qui veulent apprendre quelque chose de neuf et par conséquent aussi penser par eux-mêmes (…) Tout jugement inspiré par une critique vraiment scientifique est pour moi le bienvenu. » (Marx, Le Capital, livre I, préface)

« Le remplacement d’une orthodoxie par une autre n’est pas nécessairement un progrès. Le véritable ennemi, c’est l’esprit réduit à l’état de gramophone, et cela reste vrai que l’on soit d’accord ou non avec le disque qui passe à un certain moment. » (Orwell, Écrits politiques)

« Vouloir résoudre tous les problèmes et apporter des réponses à toutes les questions, ce serait une impudente fanfaronnade et une immodestie si extravagante que, de manière inévitable, l’on en perdrait aussitôt tout crédit. » (Kant, Critique de la raison pure)

« (…) les sectes formées par leurs disciples sont toujours réactionnaires, car ils maintiennent les vieilles idées de leurs maîtres en face de l’évolution historique du prolétariat. » (Marx & Engels, Manifeste Communiste, 1848)

« Ils sont atteints de crétinisme parlementaire au point de se figurer qu’ils sont au-dessus de toute critique et de condamner la critique comme un crime de lèse-majesté ! » (Marx à propos des chefs du parti social-démocrate allemand)

« La première phase dans la lutte du prolétariat contre la bourgeoisie est marquée par le mouvement sectaire. Il a sa raison d’être à une époque où le prolétariat n’est pas encore assez développé pour agir comme classe. Des penseurs individuels font la critique des antagonismes sociaux, et en donnent des solutions fantastiques que la masse des ouvriers n’a qu’à accepter, à propager, à mettre en pratique. Par leur nature même, les sectes formées par ces initiateurs sont abstentionnistes, étrangères à toute action réelle, à la politique, aux grèves, aux coalitions, en un mot à tout mouvement d’ensemble. » (Marx, Prétendues scissions dans l’Internationale)

 « Et l’histoire de l’Internationale a été une lutte continuelle du Conseil général contre les sectes et les tentatives d’amateurs, qui tentèrent toujours de se maintenir contre le mouvement réel de la classe ouvrière au sein de l’Internationale elle-même. » (Marx à Bolte, 23 novembre 1871)

« On ne combat pas l’aliénation par des moyens aliénés. » (La dialectique peut-elle casser des briques ?)

« Il y a les « crisards », les faiblards, qui sont toujours en quête d’un point ferme et qui se jettent sur la première idée venue qui leur semble pouvoir incarner un idéal, et ils s’en nourrissent tant que dure l’effort pour s’en emparer. Quand ils sont au bout de leur effort, et qu’ils s’aperçoivent (mais c’est là, au fond, l’effet de leur faiblesse intellectuelle, et de leur manque de finesse) qu’elle ne suffit pas à tout, et qu’il y a des problèmes dont la solution (si jamais elle existe) se trouve en dehors de cette idéologie (mais peut-être se trouve-t-elle articulée à elle sur un plan supérieur), ils se jettent sur quelque chose d’autre qui peut leur apparaître comme une vérité, qui représente encore une inconnue et qui offre donc de nouvelles chances de satisfaction. » (Gramsci, Pourquoi je hais l’indifférence)

« Mais l’ambition la plus haute du spectaculaire intégré, c’est encore que les agents secrets deviennent des révolutionnaires, et que les révolutionnaires deviennent des agents secrets. » (Guy Debord, Commentaires sur la société du Spectacle)

« Le spectacle, comme organisation sociale présente de la paralysie de l’histoire et de la mémoire, de l’abandon de l’histoire qui s’érige sur la base du temps historique, est la fausse conscience du temps. » (Debord, La société du Spectacle)

« Cette structure se montre sous les traits les plus grotesques dans le journalisme, où la subjectivité elle-même, le savoir, le tempérament, la faculté d’expression, deviennent un mécanisme abstrait, indépendant tant de la personnalité du « propriétaire » que de l’essence matérielle et concrète des sujets traités, mis en mouvement selon des lois propres. L’« absence de conviction » des journalistes, la prostitution de leurs expériences et de leurs convictions personnelles ne peut se comprendre que comme le point culminant de la réification capitaliste. » (Lukàcs, Histoire et conscience de classe)